Hier c’était les Alpes Maritimes : la Cote d’Azur sous les flots, les eaux qui se déchaînent, l’état de catastrophe décrété, la circulation routière et ferroviaire perturbée, 10 000 foyers privés d’électricité et 250 personnes actuellement délogées…
 
Avant-hier, c’était l’explosion de l’usine AZF, la marée noire de l’Erika sur les côtes bretonnes et le naufrage du Prestige.

Et aujourd’hui, c’est déjà nous !

La pollution touche toutes les strates de la population, sans distinction de sexe ou de classe sociale. Certes, elle est plus forte en zone urbanisée mais touche aussi les ruraux. Cependant, là où la montée des eaux se voit dans les Alpes-Maritimes, les conséquences de la pollution de l’air par exemple à Paris nous semblent presque intangibles. 

Face à la pollution, nous sommes tous égaux. Pourtant, les citadins souffrent tout autant voire plus de la pollution et de ses conséquences néfastes par rapport au reste de la population. Au lendemain de la COP21, nous nous interrogeons sur le rôle des politiques publiques pour lutter contre ce phénomène qui coûte des vies, de l’argent et qui détruit durablement l’environnement.

La pollution, un enjeu de santé publique pour tous les français

La pollution coûte la vie de 48 000 personnes chaque année en France et près de 5,5 millions de personnes dans le monde (presque autant que le tabac).
 
Les parisiens, eux, restent exposés à des niveaux de pollution qui ne respectent pas la réglementation, surtout en ce qui concerne les particules et le dioxyde d’azote. Dans le métro, la présence de ces particules peut atteindre sur le quai jusqu’à 200 microgrammes par mètre cube et elle peut grimper jusqu’à plus de 500 sur le quai des RER. Cela dépasse de loin la norme de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) fixée – pour l’air extérieur – à 50 microgrammes par mètre cube.

Paris pendant un des pics de pollution

La conséquence de la pollution : un  système social qui creuse son déficit

L’impact sanitaire de la pollution étant considérable, l’État doit y remédier en investissant dans les moyens hospitaliers, le personnel, les médicaments et les publicités de prévention sanitaire. C’est là que le problème devient économique.

En effet, la pollution de l’air extérieur coûte entre 68 et 97 milliards euros par an. De plus, selon une étude de 2005, le coût global des impacts sanitaires en France dus à l’ozone et aux particules fines s’établit entre 1154 et 1630 euros par an et par habitant. A titre d’exemple, le budget de l’Éducation nationale s’élevait à 69 milliards pour 2017.
 
L’impact de la pollution sur le monde agricole, la biodiversité, les dépenses de prévention et autres atteint au minimum 4,3 milliards d’euros par an et les exemples s’enchaînent. Comment peut-on alors diminuer le budget de l’État dédié à l’écologie (chute de 20% de 2014 à 2015) quand la pollution ne cesse d’augmenter et que la prévention ne cesse de s’effacer au profit d’un silence assourdissant sur le diesel ?

Partager le constat et trouver les origines du mal

A Paris, l’effet de la dégradation de l’environnement nous semble invisible. Pourtant, elle est bien présente. Parfois, vivre dans la capitale équivaut à être avec huit fumeurs dans vingt mètres carrés en permanence.
 
A partir du moment où l’on tire un tel constat, il faut chercher les sources du mal. Il y a d’abord les polluants primaires qui sont issus des trafics routiers, des industries, du chauffage et de l’agriculture, et il y a ensuite les polluants secondaires qui proviennent de réaction chimiques des gaz.
 
Donc, si l’on souhaite lutter contre ces polluants secondaires particulièrement nocifs (l’ozone, le dioxyde d’azote), il est alors nécessaire de mettre au fin aux polluants primaires avec un plan cohérent de lutte contre la pollution par les oxydes de carbone, de souffre, d’azote.

La Mairie de Paris agit courageusement, mais son action reste insuffisante

A Paris, la Mairie a déjà pris des mesures drastiques en ce sens. Avec la fermeture des voies sur berges, les aménagements de voirie pour un partage équilibré de l’espace public entre les différents usagers, l’action particulièrement forte contre l’usage de la voiture et ville et la promotion des modes de déplacements non polluants, quelques résultats positifs apparaissent aujourd’hui. Mais est-ce bien suffisant ? Ne faudrait-il pas à un moment penser à un renforcement de la mobilité et à donner un grand coup de frein à la pollution en lançant, par exemple, un chantier pour réfléchir à la mise en place de transports gratuits ?