Alep, notre belle Alep. Qu’es-tu devenue ?

“Que faire de la soif dans un pays sans eau ?” (Henri Michaux)

La belle place forte jadis arrosée par le Quoueiq est aujourd’hui assoiffée de vie.

Alep considérée encore hier comme la ville blanche est aujourd’hui rouge de sang. La pierre a laissé la place aux corps.

L’histoire s’est effacée pour un destin tragique, celui d’une génération héritière d’une tradition successivement mésopotamienne, grecque, romaine, byzantine, persane, ottomane et enfin musulmane…

Alep n’est pas simplement la Syrie, elle est de ces villes qui sont le berceau de l’Humanité. De la citadelle au grand sérail, de l’immense église aujourd’hui détruite au théâtre forgé à même la colline, de la Cathédrale des Quarante-Martyrs à l’église de Sainte-Assia, Alep fut et restera un joyau de l’Humanité.

C’est à partir de son passé que doit se forger de son avenir, la parenthèse Assad doit être fermée, et nous ne pouvons accepter plus longtemps cette ingérence, ces guerres lâches où des pays de plus en plus nombreux utilisent un pays comme test grandeur nature pour des armes.

La paix est nécessaire, obligatoire, inéluctable, fondamentale. Ce conflit en Syrie où quatre parties s’entremêlent depuis des années doit prendre fin par les moyens juridiques et économiques appropriés. Plus de sang n’est pas la solution.

Hommage à cette jeunesse toujours aussi assoiffée, soutien aux syriens, soutien aux victimes de l’obscurantisme. Alep s’ajoute ainsi à la longue mais triste liste de ces villes déjà meurtries et de nouveau frappées par l’Obscurité, cette même Obscurité qui a évacué les Lumières et dont les contours se dessinent autour de la colonisation, de l’avidité, de la supériorité de certaines races sur d’autres, d’un choc des civilisations…

Hommage à ceux qui ne peuvent écrire;
à ceux dont les cris furent étouffés dans le vacarme assourdissant des bombes qui tombent, des bâtiments qui explosent.
à ceux dont les visages ont été effacé par la fumée noire.

Nous écrirons pendant 24h un article par heure, pour toutes ces victimes, pour tous ses morts, et parce que nous croyons fondamentalement que l’information est parfois le moyen le plus clair de faire ouvrir les yeux. 

La Plume de Céry