Critique de La Belle et la Bête : Un film Disney dans sa pure tradition

A l’occasion du Showeb du film français qui s’est déroulé le mardi 14 mars au Gaumont Champs-Elysées et auquel La Plume de Céryx était invitée, nous avons pu voir en avant-première le remake de La Belle et la Bête. Sorti depuis dix jours aux Etats-Unis et en France depuis une semaine, le film a déjà engendré des recettes s’élevant à 207, 5 millions de dollars et se situe à la première place du box-office depuis sa sortie. Mais le film mérite-t-il réellement ce succès ?

Un film correct pour passer un bon moment

Le film réalisé par Bill Condon (réalisateur des deux derniers épisodes de la saga Twilight) reprend le dessin-animé sorti en 1991 par Disney en tentant de le remettre au goût du jour grâce à un casting cinq étoiles : Emma Watson (Harry Potter) dans le rôle de Belle, Dan Stevens dans le rôle de la Bête ou encore Luke Evans (The Hobbit, Fast and Furious, Robin des Bois) dans le rôle de Gaston.

Globalement, cette comédie musicale qui dure tout de même plus de deux heures est assez  distrayante. On se laisse volontiers retomber en enfance et se faire transporter par la magie des décors et le côté fantastique du conte, initialement écrit par Aarne Thompson au XVIIIème siècle. Emma Watson, en plus de réciter sa partition avec perfection (à l’instar des autres acteurs) est envoûtante et rappellera aux fans ce charme féerique entrevu dans la célèbre scène du bal du quatrième volet de la saga Harry Potter. 

Un remake sans modernité

Cependant, le gros bémol du film réside dans le fait qu’il n’apporte rien par rapport à la version de 1991. Hormis le fait qu’il soit réalisé avec des acteurs en chaire et en os. Le choix de la comédie musicale aurait pu être l’occasion d’apporter une touche de nouveauté avec des thèmes musicaux, dimension très importante dans les films Disney, plus modernes. Malheureusement il n’en est rien et on se retrouve avec une bande originale qui s’inscrit dans la plus pure tradition des films Disney, certaines chansons se traînant même en longueur.

Ce constat peut aussi être appliqué à la mythique scène de danse entre Belle et la Bête. On a l’impression de revoir exactement, plan pour plan, la même scène, avec les mêmes décors et les mêmes costumes. Cette scène représente donc assez bien cette nouvelle version du conte : un remake sans ajout et sans modernité.

Alors, oui, il y a un semblant d’intrigue amoureuse homosexuelle, mais là encore l’idée n’est que peu développée. Le personnage incarné par Josh Gad (Le Fou) fait quelques avances à Gaston qui l’ignore ou lui fait comprendre très explicitement qu’il n’est pas intéressé et l’histoire s’arrête là. 

Toutefois, si l’on devait trouver une nouveauté dans cette nouvelle adaptation, ce serait sûrement le message féministe, par ailleurs de plus en plus présent dans les films Disney. Belle apparaît en effet comme une femme forte, elle sait lire, ne souhaite pas se marier avec le soldat glorieux et s’y connaît même en mécanique ! Enfin, elle invente un prototype de machine à laver qui lui permet de se consacrer à la lecture.

Ainsi, si La Belle et la Bête permet aux plus jeunes de découvrir le conte il ne permet en rien de le redécouvrir. Son succès vient avant tout d’une campagne de publicité ultra performante basée sur la présence d’Emma Watson au casting et sur l’immense notoriété de ce conte. Dire que le film est mauvais serait peut être dur mais il est clair que ce dernier ne possède aucune valeur ajoutée par rapport au dessin animé de 1991.


Céryx remercie toute l’équipe du Showeb pour leur accueil et la qualité de l’évènement.