Les cups : une révolution en marche !

Attention, cet article concerne aussi bien les hommes que les femmes !

Avez-vous déjà entendu parler de la cup féminine (ou coupelle menstruelle) ? Vous savez ce petit réceptacle de silicone en forme de cloche. Les plus écolo d’entre nous en ont déjà une, certaines tergiversent et d’autres sont d’emblée rebutées à l’idée d’en utiliser une.

Pourtant  c’est une solution économique, écologique, pratique et confortable.

 

Un peu d’histoire

La coupelle menstruelle est une méthode de protection périodique alternative aux tampons et aux serviettes.

Elle a été pour la première fois brevetée et produite par Leona Chalmers en 1937, une actrice américaine qui s’est activement penchée sur l’amélioration des solutions d’hygiène intime féminine. Elle écrit que la cup permet un usage  « confortable et inconscient de sa présence » ce qui permet aux femmes de porter « des vêtements fins, légers, et proches du corps » sans avoir besoin d’utiliser des ceintures, boucles ou accroches.

Hélas, arrivée après l’avènement du jetable, cette solution ne réussit pas à s’imposer car les femmes sont alors plus désireuses de “jeter” (leurs règles) que de les « gérer ».

En effet, dès la fin de la Première Guerre mondiale, les serviettes hygiéniques deviennent adhésives (avant, les femmes utilisaient une ceinture pour les faire tenir) et le marché de l’hygiène intime féminine prend son essor avec le développement de plusieurs grandes entreprises comme Modess de Johnson & Johnson ou Kotex.

Voilà plus de soixante ans que ce produit est utilisé au Canada ou dans les pays scandinaves, mais ici, en France nous n’en entendons parler que depuis peu. Ce phénomène prend de l’ampleur, mais il lui faut du temps, changer les mentalités et le rapport au corps féminin se fait lentement. La Fleurcup est la première entreprise française de production de cup, il en existe d’autres aujourd’hui comme Dans ma culotte.

Les produits hygiéniques féminins : une industrie rentable                                    

Les grands laboratoires et entreprises pharmaceutiques font de la « santé » des femmes un commerce bien rentable. Les serviettes hygiéniques et les tampons comme toute l’industrie de l’hygiène intime continuent à se développer en jouant sur les tabous et les préjugés sur le corps. Il ne faut pas (se) toucher, il faut s’abstraire le plus possible de cette corvée mensuelle, et la cacher pour limiter le sentiment de gêne que toute femme est censée ressentir face aux règles. Le vagin est vu comme une chose impure et sale. Les règles deviennent alors quelque chose d’honteux, qu’il faut occulter et vivre dans l’intimité.

Pour contrer ces préjugés et faire parler des règles, le 28 mai a été décrété comme le Menstrual Hygiène Day (journée des règles et des menstruations, en coordination avec Dans Ma Culotte).
Face à cela on voit tous les jours à la télé des publicités pour de nouveaux tampons ou serviettes hygiéniques (la publicité ou le règne de l’argent) encore plus douces, plus discrètes… mais avez-vous déjà vu une publicité pour la cup ?

Voici une petite vidéo amusante, battle de rap entre une crew pro cup et une crew pro serviettes :

Les avantages et inconvénients de la cup 

Fini le syndrome du choc toxique, finies les tonnes de coton stérilisé et blanchis avec des produits chimiques. La cup est en général décrite comme sûre, fiable, pratique, confortable, économique, écologique et même sensuelle.

Fabriquée en silicone (TPE médical), elle évite tout allergie, infections ou TSS (de toutes manières, aucun cas n’a été relevé jusqu’à présent). Pour le bien-être de vos muqueuse et vagin, la cup est conseillée. De plus, elle peut rester plus longtemps en place en évitant macération et mauvaises odeurs.

Une femme utilise en moyenne entre 10 000 et 15 000 protections périodiques pendant sa vie, or ces produits sont jetables et ne se recyclent pas (vous voyez la photo sur les camions de poubelles avec l’amas de cigarettes ? Imaginez un tas nettement plus imposant avec vos déchets hygiéniques !). Une cup dure en moyenne 10 ans ; il suffit de la stériliser entre chaque utilisation, et hop comme neuve. 20 euros maximum à l’achat, son amortissement est garanti en moins de 6 mois !

De plus comme elle épouse la forme du vagin, elle est utilisable pour n’importe quel sport.

Le seul problème éventuel réside en son insertion. Moment délicat, plusieurs essais sont souvent nécessaires avant de prendre l’habitude. Voyons-le comme une manière supplémentaire d’apprendre à se connaître. Tout est affaire d’expérience.

Et si vraiment cela ne vous convient pas, alors testez les tampons en coton bio, c’est plus écologique que les vrais tampons, et surtout meilleur pour votre corps (en ce qui concerne les allergies).

Projet d’aide et de développement :

De nombreuses associations se saisissent de ce nouveau marché aussi bien dans les pays occidentaux que dans les pays en voie de développement. Le but n’est plus seulement économique, mais plutôt celui du développement et de la protection de la santé. D’ailleurs, l’UNICEF rapporte que 3 jeunes filles sur 10 ne vont pas à l’école quand elles ont leurs règles. Les serviettes hygiéniques lavables sont alors la solution pour remplacer les bouts de tissu, de coton ou même de boue dont l’efficacité est limitée. Ainsi, l’entreprise solidaire Afripads en Ouganda ou l’association EPSA Sah’Elles Pads en lien avec le Burkina Faso se sont saisies de cette nécessité dans le but d’améliorer le quotidien des femmes.

Distribution de serviettes hygiéniques lavables par EPSA

En effet, il est bien beau de se battre pour une égalité mais cette lutte passe en premier lieu par la prise en compte de ce qui est intrinsèque au seul fait d’être femme.

Ces associations mettent en place des ateliers de couture de serviettes hygiéniques lavables puis les vendent, ce qui permet de donner du travail à ces femmes tout en améliorant leur quotidien.

Alors pourquoi ne pas utiliser les cups ?  Tout simplement car certaines femmes n’ont pas le même rapport au corps du fait de leur coutume. L’utilisation de la cup nécessite une certaine éducation sexuelle et une connaissance préalable de son corps ainsi que l’accès à certaines infrastructures comme des toilettes et de l’eau propre (pour nettoyer la cup, entre autres).

Aujourd’hui,  le sujet des menstruations est bien souvent plus tabou que celui de la contraception (chez nous aussi !). Alors pour celles qui ne souhaitent pas utiliser de cup, les serviettes hygiéniques lavables sont une solution alternative, mais attention ; il faudra prendre le temps de « laver vos règles », pensez aux tonnes de déchets évités et cela vous paraîtra tout de suite plus simple !

Pour aller plus loin:

http://menstrualcup.co/fr/invention-de-la-coupe-menstruelle/

http://coupemenstruelle.net/sct-syndrome-choc-toxique-explications-et-cup/

http://www.meluna.fr/