De Damas à Paris, liberté, je crie ton nom.

Dans le froid, les mains se serrent, les cœurs se réchauffent à mesure que les cris se décuplent. Nous sommes quelques badauds, quelques militants d’un jour ou de toujours. Échauffés par ce sang qui coule, les larmes nous donnent la force de Césaire, celle qui “vrille le ciel comme la pénétrance d’une guêpe apocalyptique”. Nous sommes quelques centaines alors que le temps s’est brusquement voilé et nous sommes réunis pour les victimes d’Alep et d’ailleurs.

Il leur manquait des voix. Ce soir, elles seront portées par Raphaël Glucksmann, par Yannick Jadot, par Bariza Khiari venue représenter Emmanuel Macron. Si les candidats à la présidentielle ne se sont pas bousculés, les quelques présents lèvent la voix et crient la volonté d’un espoir retrouvé : une trêve durable en Syrie.

La nécessité d’un cessez-le-feu au cœur de la manifestation

Le cessez-le-feu est au cœur des revendications. Il est apparu nécessaire depuis quelques jours alors même qu’il l’était déjà depuis le premier mort. La question syrienne exige des solutions : il faut que les combats cessent, pour exiger l’arrêt des violences, la création de couloirs humanitaires pour venir en aide aux familles, civils et rebelles restés sur place.

Le Collectif Pour une Syrie libre et démocratique, à l’initiative du Rassemblement est clair : il veut l’unité la plus large, la démilitarisation de la zone. Ce qu’il veut, c’est la paix, la paix contre les complices qui demandent à parler avec Poutine, avec Bachar mais encore avec Rohani.

Comment peut-on parler rationnellement à un dictateur qui a les mains couvertes de sang ?” interroge une manifestante au micro. Pour les militants, les ennemis de la paix ne sont pas invisibles, ils ont des visages. En France, ils s’appellent Fillon, Le Pen, Mélenchon.

Un rassemblement ponctué d’une accélération du conflit

Ce second rassemblement intervient à l’heure où le conflit s’accélère et où les opinions publiques de la plupart des pays du Monde se sont éprises du sujet. Alors même que la guerre contre les civils dure depuis six ans maintenant, certains commentent “Il était temps”.

18h15, la dépêche AFP tombe : La mort de l’ambassadeur russe en Turquie, Andreï Karlov est annoncée. Les manifestants interrogés font grise mine : c’est une mauvaise nouvelle. Il y a les représailles possibles, Erdogan est blême à la télévision, il craint une propagation des tensions jusqu’à Ankara. Istanbul est déjà assailli par les terroristes qui perpétuent des attentats de plus en plus fréquents, la peur d’un élargissement du conflit se fait sentir.

Face à ces événements, il nous est utile d’agir, de se mobiliser, de manifester, d’utiliser nos libertés pour informer et défendre les valeurs de paix. En se mobilisant, on porte la voix des victimes qui n’en n’ont plus. Les visages sont nombreux, tous différents, mais tous rassemblés ce soir pour quelques heures, afin d’épouser la Syrie à bras le corps.

Les images de la manifestation