Double-attentat à Istanbul : notre solidarité dépasse les frontières

Un double-attentat, des explosions et des jeunes qui chantaient, dansaient, s’amusaient une nuit tranquille à Istanbul.

Ce soir en effet, la capitale turque a été attaquée à deux reprises : d’abord, une voiture piégée a pris pour un cible un car de transport de la police à l’occasion d’un match de football opposant l’équipe local de Beskitas à celle du Bursaspor (information du ministère de l’Intérieur), ensuite, une seconde explosion a secoué un parc à proximité et semble “être le fait d’un kamikaze” (même source). 

Un bilan qui s’annonce lourd

Si le Président Erdogan n’a à l’heure pas annoncer de bilan, une première estimation chiffre à 20 victimes blessées, essentiellement des policiers. 

Cette attaque en deux temps visait principalement un quartier touristique d’Istanbul non loi de la place Taksim. 

Carte d’Istanbul. L’encadré correspond à la zone de l’attentat et les cercles aux zones touristiques ou à fortes affluences de la ville. A l’est figure le Palais Impérial de Dolmabahçe, à l’ouest la Place Taksim

D’aucuns diront que cet événement n’est qu’un attentat parmi d’autres. Aucun attentat n’est à prendre à la légère. 

Un attentat de plus, cette fois à Istanbul : c’est toujours un attentat de trop

En frappant Istanbul, le djihadisme n’a pas simplement atteint les turques, il a atteint à travers eux l’ensemble des civilisations. En effet, la belle ville est un pont entre l’Asie et l’Europe, un isthme bercé au nord par la Mer noire, au sud par la Mer de Marmara dans le prolongement de la Méditerranée.

Istanbul est un carrefour de nos histoires et rend compte de cette mondialisation avant l’heure. Bizance, Constantinople, la ville a successivement connu les plus grandes civilisations de notre ère. Istanbul, c’est d’abord l’immense Pont de Galata du romain Justinien, la Corne d’Or de l’empire byzantin, la Tour de Léandre destinée à contrôler les navires perses, refondées par les turques ottomans, c’est enfin le quartier d’affaire de Maslak qui a épousé à bras le corps ce siècle de la mondialisation, l’Eglise Sainte-Sophie qui rappelle le rôle du christianisme dans cette région clé et la Mosquée Süleymaniye, l’une de nos nouvelles merveilles du Monde.

“La Mosquée Süleymaniye, l’une de nos nouvelles merveilles du monde”

Ce soir, voilà donc Istanbul, astre de lumière dans un océan d’obscurité. Car il faut se le dire, aujourd’hui la Turquie est au confluent de deux obscurantismes. 

Enfin, nous voulons adresser notre solidarité, un hommage, des pensées particulières à ceux et celles qui ont perdu un proche dans cet événement macabre. Nous restons fidèles à nos amis turques et les soutenons de toutes nos forces. Avoir touché Istanbul, c’est nous avoir tous frappés au coeur. Et ça, on ne pourra jamais l’accepter, on ne pourra jamais le tolérer.

Par conséquent, que ceux qui le soutiennent de près ou de loin s’attendent à ce que leur responsabilité soit mise en cause. 

Ben Istanbul’um.