Elections américaines : Le devenir des pro-Sanders

Bernie Sanders avait fait grosse impression lors des primaires démocrates en tenant tête à Hillary Clinton, qui partait favorite. C’est avec un discours progressiste basé sur des mesures telles que le partage des richesses, la ré-industrialisation ou l’extension de la sécurité sociale à tous les Américains, que M. Sanders avait réussi à rallier beaucoup de soutient et se présentant comme un rival plus que crédible face à Mme Clinton.

Même si le sénateur du Vermont ne se voyait pas gagner, il voulait réveiller l’Amérique. Sa mission fut un succès mais, une fois l’investiture démocrate obtenue pour l’ancienne secrétaire d’Etat, les partisans de Bernie se sont retrouvés dans une position délicate. En effet, d’un côté se trouve Donald Trump ; le démagogue au discours ultra conservateur et de l’autre Clinton ; dont la ligne politique et les affaires, révélées par Wikileaks notamment, jouent contre elle. Comment les adhérents au « socialiste » Sanders peuvent-ils dès lors se retrouver dans les programmes des deux principaux candidats à la Maison Blanche ?

On peut logiquement penser que l’objectif est désormais de bloquer par tous les moyens l’accès à la Maison Blanche à Donald Trump et cela passe donc par un soutien à Hillary Clinton. C’est en effet dans cette voie que s’est engagé Bernie Sanders, appelant ses électeurs à voter pour la candidate démocrate déclarant qu’il allait « tout faire pour que Donal Trump soit battu » bien qu’il ne supporte pas directement Clinton dans la mesure où il n’a pas « entendu dire ce qui doit être dit ».

Un électorat réticent

Cependant, cet appel n’a pas forcément été entendu par tous les militants soutenant le sénateur du Vermont. En effet, pour ceux qui soutenaient un candidat se présentant comme « socialiste », fait très rare et courageux aux Etats-Unis, pays de l’ultra libéralisme, il semble compliquer de voter pour Clinton et ses nombreuses relations avec le monde de la finance. Cela d’autant plus que l’on sait que la candidate a été rémunérée à hauteur de 3 millions de dollars pour faire des discours devant des banques d’affaire ou des institutions financières entre 2013 et 2015. Ce sentiment de défiance s’est par ailleurs renforcé lorsque Julian Assange et Wikileaks ont commencé à rendre public, depuis le 7 octobre, le contenu de certains mails de la candidate. Ces derniers prouvent formellement que la campagne de Clinton a été favorisée par le Parti Démocrate en recevant, par exemple, les questions qui seraient posées au débat en avance. Wikileaks révèle également qu’en janvier 2016, la présumée future présidente avait pu prendre connaissance des grandes lignes du programme de Bernie Sanders.

Tous ces mails compromettants ont poussé une partie de l’électorat de Sanders à se décider à ne pas voter pour Clinton, quitte à prendre le risque de voir Trump passer. Une enquête du Pew Research Center datant du 12 juillet annonçait que seulement 47% des électeurs de Sanders pensaient Hillary Clinton plus honnête que Donald Trump.
Alors, dans quelle direction vont s’orienter le vote de ces « frondeurs » ? Pour beaucoup de personnes le discours prôné est celui de « Bernie or Bust » (« Bernie ou rien »). Ces derniers s’orientent ainsi vers une abstention ou un vote pour la candidate écologiste Jill Stein au discours et au programme se rapprochant de celui de Bernie Sanders (lire l’article de Viola Ridolfi sur ce sujet).

Finalement et malgré tout, il paraît évident qu’une majorité de l’électorat de M. Sanders ira mettre le bulletin de Clinton dans l’urne aujourd’hui bien que ce geste soit fait à contre cœur et en dernier recours.