Elisa Dugué interviewée : Décès de Gérard Marcou, liberté d’expression en Sorbonne et bizutage

Alors, qu’est-ce que ça fait, 4h30 de réunion dans une journée ?

C’est long, c’est chronophage.

Comment ça s’est passé ?

Les débats étaient de bonne qualité. En tant qu’élue étudiante et en tant qu’étudiante je me sens parfois moins légitime que les enseignants. Au début du conseil on hésite mais à la fin ça se passe un peu mieux et la parole se libère. C’est le quatrième ou cinquième conseil en tant qu’élue, on commence pas mal à nous connaître. Lors des débats ce sont essentiellement les professeurs qui parlent.

Quels étaient les sujets ?

Le Président délivre généralement un discours, le « mot du Président » à propos d’informations diverses. Là, il s’agissait surtout de rendre hommage à un enseignant décédé à Bogota : Gérard Marcou.

Je tenais à rendre hommage à cet enseignant qui avait soif de savoir et d’apprentissage, nous tenons à saluer sa grande pédagogie.

A la suite de ce mot du Président, nous avons fait part de la motion sur la liberté d’expression à la Présidence.

Est-ce que tu pourrais nous parler de cette motion ?

C’est un communiqué rédigé en commun entre la Fédé Paris 1, les Politistes et la Plume de Céryx, donc vous (rire). Ce communiqué vient après l’annulation d’un certain nombre de conférences annulées. Ces annulations mettent en péril notre liberté d’expression et le débat au sein de l’Université, un débat qui doit avoir lieu.

Concernant le vote, il a été rapide, les enseignants ont répondu positivement ainsi que toutes les organisations présentes à l’exception de trois abstentions (deux de l’UNI et une de l’UEJF).

Quelle suite pour ce communiqué ?

Des modifications ont été demandées, en marge (à la place « d’associations », il faut mettre « organisations étudiantes »). De plus, une mention a été ajoutée « La CFVU soutient le communiqué suivant »

Ce communiqué sera publié, chaque association va le relayer de son côté et nous essayerons de faire prendre conscience aux étudiants de ce problème.

Est-ce que vous avez eu des contacts avec la Présidence à ce sujet ?

Le Président n’était pas au courant des deux premières conférences annulées et pour la troisième, il décline sa responsabilité puisque l’ordre venait du Rectorat (hésitante).

Quels sont les autres sujets abordés à la réunion ?

Nous avons abordé la modification du règlement des examens car initialement invalide juridiquement. Nous avons pu prendre compte des conventions internationales, c’est-à-dire des accords-cadres avec les Universités étrangères. Là il s’agissait de Pittsburgh (Pennsylvanie), l’Université Del Norte (Colombie) et une Université de Corée du Sud sur la muséographie et la technique d’exposition.

Qu’en est-il du sujet sensible du bizutage ?

Le Ministère de l’enseignement supérieur a demandé à toutes les Universités d’intégrer une rubrique dans leur règlement intérieur concernant le bizutage et les sanctions qui pourraient suivre. Une phrase sera intégrée dans le règlement intérieur à l’issue de la réunion. Cette phrase reprend la définition du Code Pénal.

Il y a eu une discussion à propos de la prévention auprès des associations, sur internet, dans le Guide de l’Etudiant.

Comment avez-vous réagi à cette question ? Certains élus et étudiants s’inquiètent de clichés sur les réseaux sociaux, quelle est ta réaction à ce propos ?

Les associations de la Fédé Paris 1 n’ont jamais eu de faits de bizutages avérés. Il faut faire attention aux mots qu’on utilise. La définition du bizutage est claire, mais elle est large, « le bizutage constitue le fait pour une personne, d’amener autrui, contre son gré ou non, à subir ou à commettre des actes humiliants ou dégradants lors de manifestations, ou de réunions liées aux milieux scolaires et socio-éducatifs. »

S’il s’agit de bizutages, je condamne avec la plus grande fermeté les agissements des responsables et leur responsabilité sera mise en cause.