“Enfant d’Alep, pardon.” Notre appel pour ces enfants de Syrie et d’ailleurs.

A toi, enfant d’Alep. 

Pardon, car lorsque je te vois en images, je détourne le regard et je chiale comme une gosse alors que toi, tu n’en as pas le droit. Pardon de te retirer l’innocence, le bonheur, l’amour qui t’es du.

Pardon de continuer à élire des dirigeants qui te font la guerre ou qui restent insensibles en laissant faire ceux qui ne comprennent pas le caractère sacré de ta vie. Aucun répis ne t’est accordé, ni la nuit, ni dans les hôpitaux où impitoyablement les bombes viennent s’écraser sans considération pour ton humanité. 

Pardon, car si tu arrives à te soustraire des ruines de ton pays, tu seras parqué dans des camps où le mot dignité semble n’avoir jamais existé. Toi pourtant innocent, nous t’accuserons de voler nos emplois ou de secrètement nourrir des projets terroristes. Tu verras des gens descendre dans la rue pour s’opposer à ton arrivée, rejetant et niant même ton droit d’exister.

Pardon car comme tous les enfants victimes de violences barbares, nous t’oublierons lorsque les médias auront décidé que ton visage ne fait plus assez d’audience au JT de 20h.

Pardon car je ne sais pas quoi faire pour faire changer le monde injuste et cruel dans lequel tu es né, pardon parce que j’ai peur, pardon aussi parce que je baisse les bras parfois.

Enfin, pardon enfant d’Alep, car, alors que nous te t’accordons rien, je te demande de nous pardonner, de me pardonner tout cela.