Il neige à Paris ces derniers jours. La situation est activement prise en charge par la Mairie de Paris et le gouvernement. Derrière les problématiques liées à la mobilité se cache la situation des dizaines de milliers de femmes, sans-domicile fixe dans la capitale. 

« Les nier c’est nier leur humanité et donc aussi la notre ». Cette citation d’Agnes Lecordier illustre parfaitement un phénomène que l’on vit tous les jours où l’on ignore ceux qui sont dans le besoin par gène, mépris ou même par inattention tellement le phénomène s’est banalisé.

Au quotidien, le harcèlement est déjà difficile à accepter

Déjà en tant que femme il est très probable que vous ressentiez un certain malaise en sortant chez vous : un regard trop pesant, un geste suggestif ou encore une parole humiliante subie un matin dans un lieu public.

Tout ça peut suffire à vous faire hésiter avant de sortir en jupe le soir même. Le débat sur le harcèlement sexuel n’est pas un phénomène récent et touche toutes les femmes, sans exception : sont concernés tous les âges, toutes les morphologies, toutes les catégories sociales, aucune n’est épargnée, à croire que le seul fait d’être une femme donnerait à quelqu’un le droit de vous juger, de vous aborder (car oui, cela peut être considéré comme du harcèlement : mon décolleté ne rime pas avec « je veux qu’on me fasse la conversation ») ou encore de vous regarder avec insistance (on appelle ça la mauvaise éducation).

Imaginez maintenant que vous habitez dans la rue…

Imaginez maintenant habiter dans la rue : dans des cages d’escaliers un soir, un parking le suivant, avec un sentiment de danger permanent. Car si mêmes les personnes avec un toit ne se sentent pas à l’aise dehors passé une certaine heure, les femmes en situation d’errance elles n’ont pas le choix, pas d’endroit où se réfugier et doivent affronter tous les jours un monde où l’intimité est un luxe et où il ne faut absolument pas attirer l’attention.

On ne les croise que très rarement, et pourtant en 2014 deux personnes sans domicile fixe sur cinq sont des femmes. Mais en réalité il peut s’agir de quelqu’un que vous saluez dans la rue, de votre collègue, d’une vague connaissance, d’une personne avec qui vous avez une conversation en faisant la queue pour aller aux toilettes dans un restaurant, ce sont des femmes comme les autres.

Un combat du quotidien, une lutte invisible aux yeux de tou.te.s

Ces personnes vivent tous les jours un combat, une lutte invisible aux yeux de tous. Et l’une des raisons pour lesquelles on voit aussi peu de femmes SDF est la peur légitime des agressions, vols et autres préjudices à la fois physiques et moraux, une peur qui les pousse parfois vers des addictions de tous genres. Selon l’Insee 31% des femmes SDF seraient victimes de viol  et leur espérance de vie serait de 41 ans soit 47 ans de moins que la moyenne pour une femme vivant en France métropolitaine (indicateur pour l’année 2015).

Ces femmes ne correspondent pas au profil cliché que l’on peut avoir d’elles : elles sont de tous les âges, de toutes les nationalités mais elles partagent toutes un point commun mis à part de leur situation de précarité, un moment où leur vie a basculé, qui a pu survenir d’un coup ou progressivement mais qui les a laissées seules, à court de ressources. Livrées à elles-mêmes, ces femmes font face à plus de difficultés que les hommes.

Pour résoudre cette problématique, une réponse : la Fondation Lecordier

Fondée en 2008 sous l’égide de la Fondation des petits frères des Pauvres, la Fondation Lecordier vient en aide à ces femmes sans abri et plus particulièrement aux femmes de plus de 50 ans.

Elle mène dans toute la France des actions de mécénat qui s’organisent autour de cinq axes fondamentaux : l’accueil de jour, l’hébergement, la santé, l’urgence grands froids et l’accueil en milieu rural.

La Fondation a depuis 2014 un nouvel objectif : celui de créer un foyer réservé aux femmes SDF dans Paris intra-muros et d’ouvrir un centre d’accueil en partie mixte, en partie dédié aux femmes sans abri de plus de 50 ans.

Travaillant avec des associations spécialisées, composées de professionnels ayant une qualité d’écoute exceptionnelle et un respect inconditionnel des personnes qu’elles accompagnent, la Fondation accompagne ces femmes vers une meilleure qualité de vie. Celle-ci facilite le travail des associations, notamment en trouvant les sources de financement nécessaires pour développer leurs actions.

Se retrouver à la rue sans aucune ressource peut être comparable à une agression d’une violence extrême : 62% des femmes demandant un hébergement n’en obtiennent pas par le numéro d’urgence (115), sans oublier que la mixité d’une majorité des centres encourage cette errance féminine.

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Crédits photo de couverture : FranceInfo