François Fillon soutenu par Al-Assad et Poutine : La dérive vers un monde unipolaire

Alors que l’affaire Fillon continue de faire rage, Maher Abdelaziz réfléchit à la situation géopolitique d’une potentielle élection de François Fillon. █ ANALYSE

▀ Construire un pont, c’est franchir un obstacle. En poursuivant la politique de conciliation avec l’Iran et le régime dictatorial de Rohani, Donald Trump semble vouloir contourner l’obstacle russe. Mais ce rapprochement n’est-il pas plus médiatique que politique ? L’Iran est un levier précieux dans la région. Le Président nouvellement élu semblait il y a quelques semaines maintenir l’accord sur le nucléaire iranien à contrecœur. Cette stratégie va aussi dans le sens de l’érection d’une nouvelle alliance avec le régime de Vladimir Poutine. Entre réchauffement avec l’Iran et soutien accru de la Russie, Donald Trump souhaite réorienter la politique étrangère américaine. L’alignement des deux super-puissances va-t-il se poursuivre avec la France et l’éléction de François Fillon ? 

En plein Penelope Gate, beaucoup d’intellectuels s’interrogent sur la légitimité du candidat de droite à se présenter aux élections de mai 2017 mais quid des conséquences de l’arrivée au pouvoir de François Fillon sur le plan international ?

François Fillon, l’européen soutenu par Poutine Assad

Politiquement et militairement, la seule voie de recours à l’alignement Américano-Russe est l’Europe. La Chine qui n’a pas de vocation militaire mondiale et le Japon recroquevillé ne peuvent être demain les garants d’un nouvel ordre mondial ou de la protection des civils.  

Dans ce contexte, la course aux élections présidentielles en France semble intéresser très largement la scène internationale. La candidature de François Fillon n’a pas été épargnée par les commentaires à l’international.

Son programme est d’ailleurs défendu par Vladimir Poutine qui le décrivait il y a quelques semaines comme un “homme professionnel et intègre“. De son côté, Bachar Al-Assad n’est pas en reste. Ce dernier avait annoncé dans un interview, donnée en marge de la visite des trois parlementaires français : 

“Jusqu’à présent, ce qu’il dit, s’il le met en application, serait une très bonne chose”

Des soutiens embarrassants, en témoigne la volte-face du candidat

Si ces soutiens peuvent le légitimer auprès d’un certain électorat, François Fillon qui a souvent parlé de Bachar Al-Assad comme d’un interlocuteur et du seul obstacle à l’intégrisme a tout de même décrit “le président syrien [comme] un dictateur [et] un manipulateur“.

Cette volte-face vient renforcer le flou autour de la politique étrangère du candidat du parti “Les Républicains”. En effet, en 2016, celui-ci voyait en une table de négociations avec le régime d’Assad la solution parfaite. À quoi donc joue M. Fillon et quel est son défi à ne pas perdre ?

Post Penelope Gate, le candidat est considérablement ébranlé et est menacé par la Justice sur la continuité de sa campagne.  Pour l’opinion, ce maintien est jugé comme infondé. Fillon perd de plus en plus sa popularité au sein même de ses militants et n’est qu’à 18% des intentions de vote à l’échelle nationale, dépassé par E. Macron (22 %) et M. Le Pen (27 %). Cette situation paraît alors bénéfique d’un point de vue de la morale politique et de la nécessité de candidats probes pour l’éléction. 

En revanche, du point de vue de la Russie et des Etats-Unis, cette situation est décourageante puisqu’elle réside en la perte d’un candidat précieux et veillant sur leurs intérêts respectifs.

François Fillon rencontrant Bachar Al-Assad ©AFP
François Fillon rencontrant Bachar Al-Assad ©AFP

L’ambition d’un “monde unipolaire”  

Chacun se souvient de la fin du bloc soviétique au tournant des années 1990. Et l’on retient à peu près tous que les Etats-Unis ont prospéré sur les décombres en devenant, le temps d’une décennie, les “Gendarmes du Monde”.

Avec les engagements de Vladimir Poutine et l’émergence des BRICS, nous, humains, avons été témoins des transformations tant démographiques que politiques, et comme tous les historiens et théoriciens aiment le qualifier : le monde multipolaire.

L’alignement des trois mousquetaires reste toujours une hypothèse très généreusement accueillie par les deux grands et certains voient même dans l’arrivée de Fillon au pouvoir un point d’appui pour le maintien du régime syrien, or après six ans de guerre nous nous demandons raisonnablement si l’Occident souhaitait réellement la chute de Bachar Al-Asaad et que toute la propagande contre le régime syrien n’était qu’un freestyle entre rappeurs, plein de haine et de morale mais vide de sens pratique…

Concernant le combat contre, ce qui est désigné comme le « terrorisme islamique », Trump n’hésite pas à dénoncer l’Islam comme une religion égarée des deux autres monothéismes, ce qui ne gêne absolument pas le candidat Fillon. 
Pourrions-nous affirmer que ces trois points d’alignement semblent profiter de la montée du terrorisme à l’échelle globale pour en prendre un motif et un fondement pour combattre l’islam ? █