Guerre en Syrie : Alep, où la mise en lumière d’un monde ultra-violent.

La situation catastrophique de la guerre en Syrie me laisse penser que la nature humaine n’a pas changé contrairement à ce que l’on veut nous faire croire.

Un pacifisme de surface

Pourtant tout amène à penser que la société est en perpétuelle changement ; l’invention d’Internet, le premier homme qui a marché sur la Lune, l’Iphone 5 et naturellement Facebook.

Aujourd’hui, on peut en quelques secondes contacter quelqu’un à l’autre bout du monde, les machines deviennent quasiment autonomes. La fin du 20ème siècle et le début du 21ème siècle sont marqués par le sceau de la modernité, les consciences s’éveillent, la haine de la guerre est omniprésente.

Pour aller plus loin : “Contre la haine de guerre“, 4 avril 2003, Libération

Après la Première, la Seconde Guerre Mondiale et la Guerre Froide, le Monde n’a plus envie de subir les atrocités qui ont frappé le 20ème siècle. L’avènement de l’O.N.U caractérisera cette volonté de pacifier les rapports internationaux ; c’est pourquoi deux dictatures ont, naturellement, été mises à la tête du Conseil de Sécurité. Rien de plus logique ! Comment promouvoir la paix avec deux dictatures chargées d’une telle mission. Cela n’a pas de sens !

Pour aller plus loin : La théorie de la paix démocratique et ses critiques

Une stagnation de l’homme depuis de l’aube de l’humanité

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Un magasin de vente d’armes aux Etats-Unis

Cette constatation montre que l’humain n’a pas évolué depuis l’époque où Caïn, premier meurtrier de l’humanité, tue son frère Abel. L’homme a seulement rendu plus performants et subtiles les moyens de s’imposer par la violence.

Quand je parle de violence, je ne parle pas seulement de violence meurtrière.

Je parle de la violence de vouloir imposer ses idées aux autres. Les sociétés occidentales ont la particularité de penser que leur façon d’être et de fonctionner est la seule acceptable.

C’est pourquoi, sous couvert de moralité, ils imposent aux autres pays leur culture et leur système. Cependant, imposer même si justifié par la meilleure volonté, cela reste de la violence. Les sociétés sous couvert de bonne conscience sont violentes. Elles sont violentes dans leur capacité à donner des leçons de morale, mais aussi dans leur incapacité à agir lorsque leurs grands principes sont bafoués.

Quel est le sens de ces grands principes, quotidiennement bafoués devant nos yeux et par nous-même ?

Une culture de la violence durement ancrée

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Expérience de Standford

L’évidence est là : l’Homme a toujours la même culture de la violence, seulement, aujourd’hui, il tente de la dissimuler.

Cet excès de violence chez l’être humain a été prouvé lors d’une expérience à Stanford en 1971 où 18 sujets avaient été sélectionnés pour leur maturité et leur capacité à prendre du recul face à diverses situations.

Le psychologue Philip Zimbardo, en charge de l’expérience, avait installé ses dix-huit sujets dans une prison. Certains incarnaient les geôliers et d’autres jouaient les prisonniers, ils avaient été sélectionné aléatoirement.

Le psychologue a dû interrompre l’expérience au bout de 7 jours seulement, alors que celle-ci devait durer deux semaines. L’expérience devenait incontrôlable tant les sujets étaient dépassés par leurs rôles ; les geôliers devenaient de plus en plus cruels, et les prisonniers de plus en plus assujettis à leur bourreau. Il est notable qu’un seul des six-huit sujets dits matures et équilibrés voulût faire cesse l’expérience lorsqu’il constatait la tournure qu’elle prenait.

Pour aller plus loin : Expérience de Stanford (1971) ou Expérience de Milgram (1960 à 1963)

Le cercle vicieux de la violence : L’exemple de la guerre en Syrie

Cette expérience, comme celle de Milgram, est le reflet d’une réalité parfois difficile à avouer : les rôles sont répartis entre les bourreaux et ceux qui les subissent, devenant à leur tour des bourreaux traumatisés d’avoir été tant assujettis par cette violence.

Voilà le cercle vicieux de notre monde ! Nous sommes tous un temps victime, un temps bourreau avec une seule solution : la violence pour s’imposer. En pleine Guerre Froide, alors que le Vietnam sortait de la guerre et d’une longue période de colonisation, il profit de son regain de forces pour coloniser à son tour le Cambodge (1978).

Pour aller plus loin : “Le Dessous des cartes : Un ou deux Vietnam ?” Emission Arte.

Pour revenir à notre époque, à travers cette catastrophe humanitaire qu’est Alep, la réalité nous frappe de plein fouet : la violence n’a pas disparu. Elle est omniprésente, tant en Syrie aujourd’hui qu’en Crimée hier, qu’à Paris avant-hier et ainsi de suite.

Ma vie ne suffirait pas pour décrire tous les actes de violence qui ont frappé l’humanité et qui la frapperont encore. Aucune organisation, ni directive, ni traité n’apaiserait la situation si avant tout l’humanité n’essaye de régler le mal qui la ronge : la violence.

Je constate dans tout ce que j’ai lu ces derniers temps qu’il y a des « bons » et des « méchants ». Pourtant, les « bons », dans leur société manichéenne, doivent quand même utiliser la violence pour se défendre. L’unique solution pour s’imposer est la violence, étant donné que notre ennemi, lui, utilisera la violence. À quoi cette violence est-elle due ; au pouvoir, au manque de communication ?

La violence : entre pouvoir et manque de communication

Le premier problème est la violence. Revenons-en à l’expérience de Stanford : les geôliers sont devenus aussi violents car ils avaient du pouvoir sur leurs prisonniers. Cela veut donc dire que la violence de notre humanité est due à l’inégalité qui la frappe en permanence, que l’homme assoiffé de pouvoir fait tout pour le garder et en abuser.

Bachar el Assad en est la représentation même. Ne se souciant guère de la vie de son peuple, il s’accroche au pouvoir tel un forcené, quitte à détruire tout sur son passage.

Mais le pouvoir n’est pas la seule raison, le manque de communication en est pour beaucoup. À force de ne pas communiquer, mais surtout à force de n’être pas écouté, les hommes utilisent la violence car dans nos codes, un homme violent fait peur et lorsque quelqu’un l’effraie, il l’écoute par peur de représailles.

Alep est l’une des conséquences de la soif de violence de l’humanité. Des millions de personnes ont perdu la vie sous nos yeux. Ne serait-il pas temps de s’intéresser à cette violence perpétuelle qui nous ronge ?