Le brûlot de Constance : Médias ? Au boulot !5 min read

Catégories Contributions, Politique, Société

Lundi 21 novembre 2016, il est 22h51 et tout le monde ne parle que de François Fillon.

Deux semaines avant cette date, à 22h51, François Fillon n’était rien dans cette primaire. Une poussière infime qui allait sans doute finir 4ème ou 5ème avec 4 ou 5% des suffrages exprimés. Les médias ne parlaient pas ou peu de lui. En tout cas, il n’était pas l’un des personnages principaux de la série des Primaires.

Hier à 22h51, heure à laquelle les résultats finaux sont tombés, François Fillon arrive en tête de la primaire avec plus de 44% des votes lors d’un premier tour qui a rassemblé plus de 4 millions de votants. L’éternel outsider devance le champion de la presse, Alain Juppé, de 16 points.

16 points, alors que toute la presse du pays avait déjà planifié un match Nicolas Sarkozy/Alain Juppé.

La rupture entre les médias et l’opinion publique

Cette constatation me laisse perplexe, le rôle des médias n’est-il pas de relayer l’opinion publique, ce que pense le citoyen ? Comment voulons-nous avancer lorsque nos médias sont à ce point coupés de la réalité ? Comment un pays peut-il avancer quand existe une rupture aussi nette entre le champ médiatique et la population ? 

Les journalistes des principaux médias français et étrangers aussi relaient une opinion qui est complètement faussée, l’élection de Trump n’en est que le cruel exemple.

Alors certes, moi, dans mon fil d’actualité Facebook, qui est pour beaucoup de jeunes un accès à l’information, tout le monde est contre Marine Le Pen, déteste Donald Trump et trouve que François Fillon fait peur et a de trop gros sourcils. Mais rappelons tout de même que je suis étudiante à la Sorbonne, une fac réputée assez à gauche dans une filière élitiste, le droit.

Je ne suis pas la France, je représente une infime partie de la France et le problème des journalistes c’est qu’ils pensent que la France c’est moi, c’est eux, c’est Anne Hidalgo qui claque des millions dans des abribus pour qu’on ait la 4G en dessous ou Nicolas Sarkozy qui reçoit des mallettes de cash libyen.

Mais la France ce n’est pas ça, du moins pas que ça, et je pense qu’il serait temps pour les journalistes des principaux médias de se réveiller et de sortir un peu de leur microcosme social qui les fait penser que tout le monde vit et est comme eux.

La dictature de la pensée unique

Ces médias déconnectés de la réalité ont installé une dictature de la pensée unique. Je pense qu’il y a un sentiment pour certains de vivre dans un pays qui ne cherche plus à réfléchir sur les questions importantes de la société étant donné que les réponses leur sont imposées par les médias.

Les personnalités publiques parlent en slogan sans réellement chercher à s’interroger, comment peut-on régler les problèmes de notre société si chacun évite les sujets fâcheux de peur d’être rangé dans une case.

Les médias omettent d’être nuancés, et scander des phrases toutes faites ne va pas arranger la situation bien au contraire. Il est nécessaire que chacun prenne du recul afin de réagir sans ce sentimentalisme permanent qui annihile les discussions.

Un sentimentalisme étouffant la réflexion

Cette absence de recul face aux situations est caractéristique des médias et des personnes qui relayent ses infos. François Fillon en est l’exemple parfait ; il y a deux semaines il n’intéressait personne, aujourd’hui il fait peur à tout le monde du fait de la vague des gros titres le taxant de conservateur, de traditionaliste et j’en passe.

Je ne suis pas là pour juger de la véracité des accusations dont il est la cible mais ce que je vois c’est qu’en une semaine à peine il est passé du néant médiatique au catholique extrémiste. Ne serait-il pas nécessaire de comprendre, de s’intéresser avant de s’alarmer car cette façon de procéder est justement la raison pour laquelle les médias sont dépassés ? Ces derniers s’effraient de la situation mais ne cherchent pas à s’intéresser à son électorat et à la raison de ce vote.

Ah si, suis-je bête, les médias s’intéressent à la raison de voter du peuple ; par exemple d’après eux, les gens votent Marine Le Pen parce qu’ils sont pauvres et bêtes. J’exagère un peu : ils disent qu’ils ne sont pas éduqués, ça fait plus chic.

Mais si c’était le fait de stigmatiser les gens, comme savent si bien le faire les médias français, qui construisait l’intolérance ?

Si c’était le fait que les politiques et les médias ne font que citer le Front National en permanence comme chose à ne pas faire au lieu de réfléchir sur leurs erreurs et de se remettre en question afin d’améliorer la société française ?

Les médias décrivent des situations qu’ils ne connaissent pas. L’exemple le plus criant est la banlieue, la plupart des journalistes n’y ont jamais mis les pieds, mais la place au milieu d’un décor qui rendrait fou de joie tous les amateurs du jeu vidéo ultra violent GTA.

Finalement, ne serait-il pas nécessaire que les médias s’informent avant d’informer les autres ?