L’idée de politique-spectacle est simple : en période d’élections, particulièrement pour les présidentielles, on observe un regain d’intérêt médiatique pour la vie privée et les prestations publiques des différents candidats. Mais cet intérêt (qui en semble dépourvu) nous détourne complètement des enjeux importants que représentent ces élections, au profit des petits potins people de nos femmes et hommes politiques. Bienvenue dans l’ère de la « politique-spectacle » !

L’intérêt accru pour la vie privée

L’exemple le plus flagrant est celui du traitement de la relation d’Emmanuel Macron avec sa femme. En effet, la droite, l’extrême-droite et les médias associés à ces bords politiques se sont plu à diffuser une fausse rumeur. Le candidat du mouvement « En Marche ! » dissimulerait son homosexualité avec une soi-disant relation de façade qu’il mènerait avec Brigitte Trogneux-Macron. Cette rumeur a ensuite gagné le reste du monde médiatique ainsi que les citoyens de tout bord politique, entraînant parfois des débats houleux, mais toujours aussi creux… Une question est simple : en quoi la sexualité d’un homme politique va-t-elle influencer sa manière d’exercer la fonction présidentielle ? Mais cet homme, trop adroit pour se dire de gauche, joue aussi de cette visibilité que les médias lui offrent, en se plaisant à se faire prendre en photo, souriant, prenant la main de sa femme.

En revanche, n’en déplaise à la droite, les affaires de François Fillon intéressent bien l’opinion publique. Si ces indécentes manœuvres financières ont été faites avec la contribution de sa famille et à des fins privées, c’est bien l’argent public, celui du contribuable, qui a été utilisé.

Serait-il temps de s’intéresser aux programmes ?

Si l’on revient à Emmanuel Macron, avec une vie privée qu’il se plait à afficher, une réclamation s’est faîtes pendant plusieurs mois lors de cette campagne : un programme. Que ce soit dans son livre Révolution, dont on s’abstiendra de commenter le titre, ou durant les différents débats télévisuels, le candidat n’est pas parvenu, pendant longtemps, à combler les attentes sur l’éclaircissement de son programme. On notera simplement qu’il est d’accord avec tout…

Les cas de François Asselineau ou de Jean Lassalle sont bien loin de déroger à la règle. On constate qu’Internet s’est bien amusé à ressortir des vidéos montrant, dans un premier cas, une parodie de François Asselineau citant un nombre inconsidéré d’articles de conventions et autres règles de droit et dans un second cas, une vidéo de Jean Lassalle racontant ses mésaventures lors du passage de son permis de conduire. Mais combien de personnes parmi celles qui ont vu et ri devant cela connaissent plus d’un point du programme de chacun ? La réponse s’impose d’elle-même…

Nous conclurons en faisant part d’une récente étude qui a montré que l’aspect physique ou l’attirance esthétique d’une personnalité politique étaient des critères retenus par les citoyens pour le vote, de manière consciente ou de manière inconsciente. Existe-t-il un constat plus désespérant que celui-ci dans l’élection de celle ou celui voué à devenir le gardien de l’ordre juridique et de l’État français ?