Alep : ONU, Organisation Non-Utile ?4 min read

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Au lendemain de la Première Guerre mondiale, la Société des Nations a été créée pour assurer que cette guerre soit la « Der des Der » et pour assurer une paix réelle et effective entre les nations. Puis la Seconde Guerre mondiale arriva. C’est bien sûr pour éviter cet échec de la SDN que l’Organisation des Nations Unies a été créée, tout comme la première, au lendemain d’une guerre qui a vu le massacre de millions de civils à travers les continents. Finalement, le résultat est-il convaincant ? Le constat est sans appel…

ONU et États membres : tous coupables

Le conflit qui se déroule actuellement en Syrie a pour but, selon les « grandes puissances », d’éradiquer la menace que représente Bachar al-Assad, qui a repris le pouvoir suite à son père, et de défendre la démocratie. Si ce dictateur, fils de dictateur ne mérite que notre mépris, de la même manière qu’il méprise la vie humaine, c’est aussi le cas de ces fameuses puissances. Celles-ci n’ont en effet aucunes leçons à donner concernant la considération de la vie humaine.

Les premiers exemples qui viennent en tête sont évidemment la Russie et la Turquie pour leurs multiples bombardements sur Alep et ses habitants. Mais les autres Etats des Nations Unies ne sont pas moins coupables, notamment par leur attentisme et leur non-intervention. Comment un Etat qui entend participer à la promotion et à la pérennité de la paix dans le monde ainsi qu’à la sécurité des populations, notamment civiles, peut-il rester aussi passif face à de tels massacres ?

Le gouvernement syrien a notamment fait usage de gaz sarin sur sa propre population

Une situation humaine catastrophique

Le 13 décembre 2016, la France a enfin d’appeler l’ONU à se réunir en urgence pour proposer l’évacuation de la ville d’Alep. Il était temps. Mais nous ne sommes pas à féliciter pour autant. Car si l’ONU a cessé de se mêler du conflit depuis 2014, (l’organisation censée conserver la paix avait autre chose à faire apparemment), le nombre de morts en Syrie et surtout à Alep, lui, n’a fait que croître de manière exponentielle.

Pour Alep, entre mi-septembre et mi-octobre 2016, plus de 740 civils sont morts et plus de 2000 ont été blessés par les bombardements. On ne chiffre plus le nombre de Syriens qui ont fuit leur pays ou les nombreux appels à l’aide des ONG humanitaires. En témoignent les nombreuses vidéos que les Syriens d’Alep notamment s’efforcent de diffuser sur la toile dans l’espoir que les autres pays se rendent compte de l’urgence.

Un blocage encore ?

Si l’ONU a ensuite réagit face à l’urgence en annonçant un accord permettant l’évacuation de la ville d’Alep, désormais reprise par les forces de Bachar al-Assad, cette décision cache une réalité bien plus triste. En effet, pourquoi maintenant ? Pourquoi l’organisation créée pour le maintien de la paix et de la sécurité ne se décide à intervenir qu’après des massacres entiers d’enfants, de femmes et d’hommes ? C’est justement parce que Bachar al-Assad a repris cette ville d’Alep des mains des rebelles syriens, dans un bain de sang. C’est ce massacre qui a conduit la communauté des Nations Unies à agir si l’on en croit les « bonnes paroles » de ces nations. Mais en réalité, c’est aussi pour éviter que le fils d’Hafez al-Assad, allié de la Russie, ne reprenne le contrôle total du pays.

Concernant la Russie justement, celle-ci est membre du Conseil de sécurité de l’ONU et par conséquent, détentrice d’un droit de veto. La Russie a donc usé de ce pouvoir afin de bloquer une intervention des Nations Unies.

En bref, l’ONU est un vaste terrain de « Jacques a dit ne faîtes rien » où les États alliés à Bachar al-Assad interdisent à tout un ensemble d’État d’intervenir pour des intérêts largement économiques, comme l’ « or noir ». L’organisation ne sert finalement qu’à sauver les éventuelles vies humaines restantes, après avoir vu défiler la mort à grands pas dans la ville d’Alep.

Finalement, nous avons banalement reproduit les échecs de la Société des Nations, ou du moins, nous en sommes proche. Après tout, la seule leçon qu’on tire de l’Histoire, c’est bien que l’on en tire pas assez de leçons…