Moi Président, ma première décision sera…

C’est LA question que tout le monde pose aux candidats aujourd’hui. “Quel serait votre première décision en tant que Président de la République ?” Nous lançons donc un appel à contribution pour voir peut-être que les bonnes idées ne sont pas simplement celles des programmes des candidats à l’élection présidentielle. █ TRIBUNE LIBRE

Franchement, la question est dure. Il y a des problèmes partout. Alors si je fais l’effort mégalomaniaque d’imaginer que j’étais aux commandes, on peut défendre une grande priorité nationale, qui surplombe tout nos engagements personnels : la pauvreté.

Changer les mentalités en un an

Première intervention, premier discours, premiers arguments : Nous faisons Nation. Le troisième totem de notre devise se nomme “Fraternité”. L’extrême-pauvreté est le premier chantier du quinquennat et tous les Français doivent y prendre leur part.

On se donne donc un an pour résoudre totalement la question.

Il faut brusquer les mentalités, inciter au changement, provoquer une Révolution des consciences : Campagnes de sensibilisation dans les entreprises, à l’école, dans la rue, à la télévision, sur internet.

Des solutions d’urgence pour le logement

Le logement est un problème essentiel. Nous commencerons donc par réquisitionner tous les bureaux inutilisés depuis un an pour un an, les préfets sont habilités à le faire s’il y a urgence (1), atteinte à la sécurité publique (2), et que les pouvoirs de l’Etat sont insuffisants (3).

Dans le même temps, la Mairie devient le coeur de la réaction de l’Etat au travers de la mise en place de structures locales supplémentaires d’accueil des mal-logés et des subventions municipales prioritaires sur les associations qui s’adressent aux démunis dans leur recherche au logement.

La question du logement est une question de droit de propriété. Donc, on convoquera alors toutes les grandes Fondations de France et les propriétaires fonciers en invoquant la priorité nationale comme une priorité qui doit être individualisée et intériorisée au sein de chacune de leurs structures.

Pour renforcer l’ensemble, un grand partenariat public-privé sera conclu avec les entreprises de l’ameublement pour fournir rapidement et massivement lits, douches et cuisines dans tous ces espaces récupérés.

Des solutions d’urgence pour arrêter de survivre et pouvoir vivre convenablement

Dans ces conditions, l’urgence sera aussi de nourrir tout le monde. On fera alors voter une loi de Finances rectificative qui incite les entreprises dotées de grandes cantines de fournir un déjeuner aux étudiants et aux précaires qui ne peuvent en avoir. On fixe un prix national du repas : 2€. Les entreprises peuvent proposer plus. Mais dans tous les cas, un repas offert et ce sont 2€ de réductions sur les cotisations fiscales annuelles.

Une enveloppe de 30 milliards est débloquée exceptionnellement, elle est récupérée sur le remboursement de la dette et les sommes de RSA non versées et servira à financer des bons pour la nourriture, les vêtements et le logement valables un an. Le dispositif visera 10 millions de Français et sera au minimum une indemnité compensatrice du seuil de pauvreté et au mieux un moyen de pouvoir louer décemment.

Pérenniser la sortie de la pauvreté en dotant chaque individu d’une identité

De plus, on met en place des adresses boites aux lettres pour tous les SDF et sans-abris pour qu’ils puissent récupérer des documents d’identité. Les fonctionnaires de l’Etat-civil seront envoyés partout où se trouve la misère pour donner une identité à chaque individu à l’intérieur du territoire.

Chaque personne, en France, au 1er janvier 2018, devra disposer d’une pièce d’identité. Ainsi, tous les individus qui entreront sur le territoire légalement ou non seront pris en charge par l’Etat au titre de notre devoir de solidarité (qui ne sera plus un délit, cela va sans dire).

Néanmoins, cette mesure sera assortie d’un contrôle drastique des frontières et de la mise entre parenthèse du Traité de Schengen avec l’utilisation des forces de Sentinelles aux portes de l’Hexagone afin d’éviter l’appel d’air que nos mesures pourraient constituer. La question de l’immigration se posera après.

Scolariser les plus petits, former les plus grands

La scolarisation obligatoire sera, pour une durée de trois ans, assortie d’un âge-seuil : 2 ans et d’un âge-plafond : 18 ans. Entre 2 et 18 ans, tous les enfants et jeunes de France devront être accueillis à l’Ecole, formés et cultivés en tenant compte des possibilités de chacun.

L’augmentation des places et le recrutement des enseignants seront considérés comme de grands investissements nationaux. Plus jamais l’éducation ne sera considérée comme une charge. L’Education est une force, elle doit être le premier poste de dépenses de l’Etat. Même si l’on peut faire mieux avec moins, en attendant les efforts de gestion, un investissement massif sera réalisé.

Les associations qui font du soutien scolaire seront autorisées à venir officier au sein des établissements scolaires lorsque ceux-ci ne sont pas utilisés, les familles des élèves seront invitées à prendre leur part en participant elles aussi à l’aide au devoir et à l’accompagnement des enfants. Ce renforcement sera gratuit, puisqu’il fonctionnera sur un principe simple : Deux enfants accueillis et c’est un membre de la famille qui vient participer bénévolement au soutien scolaire.

Pour les plus grands, il faudra ouvrir les formations largement et un effort sera demandé aux Ecoles et aux centres spécialisés pour augmenter leurs effectifs. Chaque individu qui sera soutenu par l’Etat sera contraint d’entrer dans un processus d’alphabétisation, qu’il soit français ou étranger, légalement installé ou illégalement établi. Nous mettrons suffisamment de places en jeu pour que chaque individu qui le souhaite puisse bénéficier d’un encadrement.

Donner du travail à tous

Pour faciliter l’intégration des précaires dans la vie active, les contrats aidés seront momentanément élargis et les conditions assouplies. De plus, 600 000 offres d’emploi ne sont pas aujourd’hui pourvues : Nous ferons en sorte de financer les formations qui mènent à ces métiers où les travailleurs manquent.

Pour lutter contre le chômage de longue durée, deux situations : Ou bien il y a recherche active d’emploi et le chômeur en question accepte des postes parfois moins intéressants, ou bien nous plafonnerons les indemnités perçues mensuellement et elles seront dégressives. A la fin, ils vivront juste au-dessus du seuil de pauvreté grâce au dispositif du revenu décent.

Si nous voulons avoir les moyens de notre ambition, il faut que tous puissent accéder au travail. C’est pourquoi certains grands chantiers de l’Etat seront rouverts avec un plan de modernisation des autoroutes et la fin des régies (les autoroutes redeviennent publiques), un plan de construction écologique et durable sur tout le territoire avec la création d’un label Construction-Responsable qui permet aux constructeurs de payer une TVA réduite à 3% ce qui dégage 15% de bénéfices supplémentaires d’un coup.

Les travailleurs auront de nouveaux avantages

Toutes ces mesures viendront soutenir un plan quinquennal avec la mise en place d’un revenu décent – il faut comprendre ici un revenu qui fixe le seuil de pauvreté comme base et qui complète quand c’est insuffisant, l’incitation au travail avec la suppression pure et simple de l’impôt sur le revenu contrebalancé par une augmentation de la CSG plus inodore ainsi qu’un renforcement de la prime d’activité et des avantages des travailleurs.

Dans une société où nous voulons que les individus vivent décemment, le simple fait de travailler ne sera plus considéré comme un avantage, il faut renforcer les droits des salariés. Par exemple : Pour chaque salarié, une place de crèche disponible, un prêt à 1% pour l’achat d’une maison ou encore l’accès privilégié à la culture.