Nicolas Dupont-Aignan : un homme exceptionnel, humble et réaliste

Si vous n’avez pas eu l’occasion de l’écouter, le jeu en vaut la chandelle. Arrêtez donc ce que vous entreprenez, abandonnez les desseins futiles, prenez vous une petite heure et réécoutez un passage exceptionnel dans On n’est pas couché ce samedi 18 février, celui de Nicolas Dupont-Aignan.

Le portrait cohérent d’un homme exceptionnel

Nicolas Dupont-Aignan est un bel homme, le profil-type du genre idéal : Né dans le XVème à Paris, il grandit dans une famille de soldats – un grand-père aviateur et un papa évadé de la Seconde Guerre Mondiale.

Diplômé successivement de Sciences Po (1982) puis de Paris-Dauphine (1985), il obtient enfin l’ENA en 1989, sortant 7ème sur une promotion qui comptait à l’époque un certain Jean-François Copé et qu’on avait intitulé, sans doute à tort “Liberté, égalité, fraternité“.

L’homme qui se présente contre le système, contre la petite caste et l’énarchie est donc un homme de terrain !

A l’heure où l’affaire Pénélope Fillon embarrasse le principal candidat de la droite et du centre notre cher Nicolas a lui aussi engagé sa femme comme assistante parlementaire. Valerie Vecchierini est en effet à ce poste depuis 1997. Aux détracteurs, il répond d’ailleurs : “Si elle ne travaillait pas avec moi, je pense qu’on aurait divorcé“. Retenons tout de même “qu’elle travaille, elle, au moins“.

La prestation d’un homme humble

S’il fallait résumer sa prestation, on pourrait retenir qu’elle fut un moment de partage, de générosité. Il y avait là une douce odeur de  courtoisie que l’on n’entendait plus trop dans les discours ces derniers temps.

Nicolas Dupont-Aignan est-il un homme modeste ? On peut le croire. Lorsqu’il évoque par exemple l’élection présidentielle française, il se positionne bien gentiment en troisième place :

Le seul choix qui restera, c’est Marine Le Pen, Jean-Luc Mélenchon et moi“.

Certains pourraient y voir une once d’ambition… Mais il est bien vrai qu’Emmanuel Macron et que Benoît Hamon qui sont seuls et désœuvrés ne pourront pas faire grand-chose face à la déferlante de Debout la France.

Debout la France, c’est 1 député sur 577, 6 conseillers départementaux sur 4108, aucun conseil régional mais plus de 60 maires sur 36 600 communes ! 

Oui, Nicolas Dupont-Aignan n’a eu de cesse de cumuler des scores aux élections nationales qui pourraient apparaître comme insignifiants pour la plupart des observateurs politiques. Mais est-il de ce fait moins légitime ?

A Yerres, un quart des électeurs ont voté pour leur Maire lors de l’élection présidentielle de 2012. D’ailleurs, il a tout de même rassembler près de 700 000 voix lors de cette élection. Certes, cela représente un quart des suffrages qui se sont exprimés en faveur de François Fillon lors des Primaires de la droite… Mais enfin, reconnaissons tout de même une constante progression qui a frôlé le million de votants aux dernières régionales !

Nicolas Dupont-Aignan, un candidat réaliste et pas démago

D’ailleurs, Nicolas Dupont-Aignan est réaliste. Lorsqu’on l’interroge sur les élections américaines, il rétorque :

S’il y avait eu des hommes politiques comme moi aux Etats-Unis, on n’aurait pas eu Trump Président. 

On peut en effet facilement admettre que si des hommes de sa stature, de sa probité et de sa rigueur avaient affronté Donald Trump, ils auraient gagné car les Etats-Unis ne connaissent pas d’hommes politiques aussi probes et droits !

Enfin, Nicolas Dupont-Aignan, c’est le réalisme, la constance et la rigueur d’un vrai politique. Lorsque Vanessa Burgraff invoque des rapports et des enquêtes de technocrates, il lui rétorque :

“Il y a une différence entre vous et moi, vous vous lisez les travaux des démographes, moi je suis un élu de banlieue réélu à 80%.”

Il n’y a rien d’absurde à répondre qu’on est un élu de banlieue lorsqu’une journaliste vous indique que l’Europe aura besoin de 20 millions de jeunes africains dans les prochaines années du fait du vieillissement de la population, rien. Et puis, franchement, les rapports et les statistiques, ça veut dire quoi face à la réalité du terrain ? Après tout, Yerres c’est la France, la France c’est Yerres : à quoi bon s’embêter à financer une étude, des laboratoires de recherche, des instituts statistiques quand on peut aller à Yerres demander à Nicolas Dupont-Aignan de nous parler, à partir de sa ville, de l’augmentation démographique des continents ?

Une idée réaliste de la France

En plus d’être un homme réaliste, Nicolas Dupont-Aignan ne tombe jamais dans la démagogie, dans les raccourcis honteux, les remarques qui frôlent le racisme ou l’utilisation d’un vocabulaire inapproprié.

Le candidat de Debout la France aime son pays et reconnaît ses immenses qualités face à ces journalistes anti-français. L’interviewé réussit un tour de force rhétorique en les interrogeant :

“Est-ce qu’il y a un pays qui a accueilli autant d’immigrés que la France ? Qui les a nourris et logés depuis trente ans ?” 

C’est vrai ! La France est la patrie des droits humains, nous avons accueilli depuis une décennie le plus d’immigrés dans le Monde ! Nous avons tout de même près de 8 millions de citoyens nés à l’étranger, soit à peu près le même nombre qu’au Canada ou aux Emirats lorsque le Royaume-Uni n’en a qu’un million de plus, que l’Arabie Saoudite en compte 10 millions, l’Allemagne et la Russie 12 millions, ou les Etats-Unis qui n’en dénombrent que 46 millions.

En termes d’immigration, nous sommes sans doute le pays le plus attractif, derrière une dizaine de pays de l’OCDE parmi lesquels l’Allemagne par exemple qui éduque, donne un emploi, construit des logements, reconnaît les diplômes à niveau équivalent…

Assimilation impossible et guerre civile

Mais Nicolas Dupont-Aignan a raison de croire que le modèle français est menacé par la difficile assimilation républicaine qui “ne peut plus se faire correctement” selon lui. Il le dit d’ailleurs très bien :

On arrive dans des ghettos où l’on n’est plus en France, on arrive dans un système de libanisation du territoire qui est dramatique.

Bien que le terme de “libanisation” ne soit utilisé que par l’extrême-droite soralienne, on comprend où le candidat veut en venir : Dans quelques années, la France sera condamnée à une guerre civile dans laquelle il faut éviter le pire (cette partie de l’article n’est pas sponsorisée par Michel Houellebecq).

A l’heure où tout le monde a compris que le mythe du Grand remplacement n’était qu’un mythe, Nicolas Dupont-Aignan semble l’effleurer.

En définitive, le candidat semble se compromettre dans une forme de contradiction rhétorique et idéologique irrémédiable. Notre porte-étendard serait-il un usurpateur ? Est-il dans le système ou contre le système ? Ne serait-il pas un mercenaire de temps anciens ? Est-il vraiment gaulliste ? Sait-il ce que représente vraiment la France ?

La suite au prochain épisode « Nicolas Dupont-Aignan et la France : l’amour usurpé ».