Nicolas Schmerkin – Ça a commencé par un magazine étudiant et ça finit en oscar

BIOGRAPHIE █ Nicolas Schmerkin est un producteur français né en 1973 à Buenos Aires. Vivant en France depuis 1979, il a réalisé plusieurs documentaires, ainsi que de nombreux portraits de cinéastes pour l’émission « Court-circuit » sur la chaîne Arte, et participe régulièrement à la programmation de nombreux festivals, notamment Némo à Paris et au Sarajevo Film Festival. Depuis 2004, il a produit avec sa société Autour de Minuit une centaine de films courts hybrides qui ont récolté de nombreux prix dans les festivals internationaux, et développe actuellement plusieurs longs métrages.

▀ Pourriez-vous brièvement présenter votre parcours professionnel ? Quelles études avez-vous suivies ?

J’ai commencé par un baccalauréat (D) puis un DEUG biologie. J’ai ensuite effectué un DUT en informatique qui n’a pas servi à grand-chose, si ce n’est à travailler à mi-temps dans l’informatique tout en reprenant des études de cinéma à Paris III. C’est là que j’ai commencé vraiment à étudier ce qui me plaisait. J’ai lancé pendant ma licence un magazine de cinéma qui s’appelait « Repérages ». Ce magazine s’est développé entre 1998 et 2010. Après la faculté et l’obtention d’un DEUG de cinéma, j’étais totalement autodidacte.

▀ Un magazine pendant votre licence ? 

« Repérages » était un magazine plutôt généraliste, qui traitait de l’actualité avec des chroniques aussi bien sur l’esthétique que le théorique dans cinéma au travers toutes ses formes : du long au court en passant par la pub et l’expérimental. On faisait parti des premiers à avoir parlé et théorisé le clip. A un moment le magazine s’est transformé et on a commencé à éditer des DVD que l’on ne trouvait pas ailleurs dans le commerce : de longs-métrages, de réalisateurs connus, etc. On a notamment fait toute une série sur l’animation qui s’appelait Animatic où l’on sortait tous les lundis une compilation de court-métrages inédits.

Avant de démarrer le magazine, je m’étais dit : “Est-ce que je fais plutôt de la théorie éclectique ou bien de la pratique ?” Et je me suis dit que j’allais commencer d’abord par la théorie et je rebondirais bien en rencontrant de gens sur la pratique. C’est ce qu’il s’est passé.

▀ Et comment ça a commencé Autour de Minuit ?

Au départ, Autour de Minuit me servait plus à fabriquer des choses personnelles, et progressivement, je m’en suis servi car je me suis beaucoup intéressé à l’animation, à l‘expérimental, et aux nouvelles technologies balbutiantes au début des années 2000. 

J’ai rencontré un producteur de long métrage qui avait travaillé avec Lars von Trier à l’époque et un suédois qui s’appelle Roy Andersson. De 2000 à 2004, j’ai travaillé avec lui en ouvrant un département court-métrage, lui ne faisait que du long. Je m’occupais des ventes internationales et des coproductions de courts métrages. J’ai pas mal travaillé aussi avec lui sur tout ce qui était vente à l’international en travaillant surtout l’aspect marketing : affiches, dossier de presse, réécrire les sous-titres, des workshops de montages avec les films en cours. Et du coup j’ai pas mal appris sur l’aspect fabrication et sur le service après-vente, ce qui se passe une fois que le film est fini.

J’ai monté ma société de production en 2001 et je suis devenu producteur en 2004. En 2003, on a lancé le premier projet en cours de production, financement, etc. qui s’est finit en 2004, c’était Obras. Ce fut le premier d’une longue série de courts-métrages.

L’hybridation des techniques, des supports et des genres, au cœur de la démarche artistique de la plupart des œuvres portées par la société, a permis d’explorer des territoires plastiques et sensoriels encore vierges, afin d’offrir du « jamais-vu ».

 ▀ « Des films “wahou”, hybrides et crossmédias. »

Aujourd’hui on catalogue un peu plus de trois cent films de courts-métrages et de mini séries. Sur la partie distribution, on est dans la même ligne que ce qu’on produit donc plutôt des courts-métrages pour ado-adultes typés films d’auteurs et surtout qui ne mélange pas mal les nouvelles technologies. Cela nous permet de proposer des films qui peuvent mélanger la prise de vue réelle et l’animation 3D. On s’est spécialisé dans les films hybrides et depuis peu on produit aussi des séries pour enfant, un peu décalées.

La suite de cette interview dans le prochain article…