Nouvelle base américaine en Syrie : un saut vers la division ?

Le soutien de l’indépendance des kurdes, la présence américaine en Syrie dans une prétention de lutte contre l’État Islamique, une déclaration de maintenir leur présence en Syrie, quel est l’enjeu visé cette fois-ci ?  Soutenir les kurdes pour diviser le pays dans une vision à long terme ?

Une vision à long terme

Les États-Unis auraient créé une énième base militaire américaine près de la région de Benbej, dans le nord la Syrie, à 70 kilomètres de la frontière avec la Turquie et à 65 kilomètres de la ville d’Alep.

Dans la région de Benbesh, Daesh s’est retiré chronologiquement avant l’arrivé des américains. Quelle est donc cette coïncidence internationale qui ne cesse de se répéter à maintes reprises pour faire croire aux destinataires que l’État Islamique est la première cible de l’Occident ?

Trois hélicoptères de l’armée américaine dans cette usine transformée en base

 

Le général J. Votel, commandant en chef du Central Command (l’un des dix commandements interarmées de combat des forces états-uniennes) a expressément déclaré le 15 janvier 2016 que “la présence militaire va se maintenir en Syrie dans un souci de préserver la paix et la stabilité jusqu’à un nouvel ordre de transition démocratique du pouvoir”.
Ce qui est frappant est que les américains ont exprimé cette même volonté pendant la guerre d’Irak qui, au nom de la paix et la sécurité, a été complètement dévasté par les troupes militaires des États-Unis.

De plus, V. Joseph est en tête de la présence américaine au Yémen, présence qui a fait de nombreuses victimes civiles (dont des enfants) yéménites.

Il ajoute : “On va rester même après l’extermination de l’État Islamique”, ce qui sème encore plus le doute sur ses intentions dans la région du Proche-Orient.

Des intérêts multiples

Vu de Damas, le président syrien prétend devant les médias que toute intervention des États-Unis se fait après de longues négociations avec les autorités compétentes américaines, mais celles-ci nient toute négociation avec le gouvernement syrien légitime actuel.

Vu de l’État d’Israël, pas grande chose quand on trempe nos pieds dans l’eau froide et contemple avec douceur le chaos chez les ennemis. Mais le président républicain, Donald J.Trump, avait laissé bouche-bée ses spectateurs en s’emportant à dire “Mon nom est Donald J. Trump et je suis un grand fan d’Israël, par conséquent nous pouvons très bien comprendre le bénéfice qu’entretient Israël avec la présence de nos forces militaires américaines à leur proximité”.

Les Russes ont eux signé avec les hautes autorités syriennes une clause de protection d’une durée de 50 ans. Il est donc éventuel de deviner la raison d’être de la base militaire russe sur les côtes de Tartous et Latakieh. Mais quid des américains qui s’installent en vertu d’aucune clause et avec le consentement discret des russes.

Est-ce que le monde a déjà oublié les réclamations des vrais révolutionnaires syriens face à la préoccupation de la division de la Syrie en faveur des grandes puissances ?