La politique de Najat Vallaud Belkacem

Lycéen engagé à Debout la France, Mathieu Lopes nous livre dans cette tribune une critique claire et acerbe de la politique menée par l’actuelle ministre de l’éducation nationale.

L’organisation de l’école est à revoir, elle est inadaptée aux enjeux de la modernité. Nous avons à faire face depuis plusieurs années à des problèmes de plus en plus conséquents dans les écoles. La société est en passe d’une grande révolution numérique qu’elle doit relever, étant très en retard par rapport à ses homologues européens. L’École républicaine doit également faire face à des contentieux moraux. Les enseignants sont démoralisés, moins payés que leurs collègues européens, et travaillent dans des conditions qui ne sont pas toujours simples. Difficile, dans ce contexte, de promouvoir avec efficacité notre idéal républicain, pourtant essentiel !

Un constat alarmant

Aujourd’hui, les richesses de nos enfants résident dans leurs savoirs. Quoi que l’on puisse en dire, les élèves d’aujourd’hui ont de larges connaissances. Pourtant, les classes ferment les unes après les autres, et les gouvernements sont fiers de ne pas remplacer un enseignant sur deux. Ces 10 dernières années, il y a eu 1576 suppressions de postes de remplaçants en primaire, souligne le ministère. Pire, les enseignants français font partis de ceux étant les moins payés de l’OCDE. Le Monde dénonce que les instituteurs français gagnent 54 % que leurs voisins allemands. En effet, le salaire moyen des professeurs des écoles français est de 17% inférieur à la moyenne des pays de l’OCDE.

Il ne s’agit pas seulement d’augmenter le salaire des professeurs mais de redonner aux professeur la dignité et le respect qu’exige leur fonction !

Source : graphiques tirés du Monde, OCDE pour les chiffres

L’école est profondément malade ! Les ministres se succèdent, les mauvais choix politiques demeurent. L‘absence d’intégration de l’immigration se profile dès le CP à travers l’apprentissage de l’arabe par exemple proposé par Najad Vallaud Belkacem. De facto, 800 heures de français sont supprimées pour chaque élève. Il faut stopper ce marasme catastrophique où nous conduisent ces politiques. Les conséquences sont bien lourdes : difficulté en lecture pour 20% des élèves (cette proportion augmente depuis 2002) ; le taux de bacheliers stagne depuis dix ans ; 1/3 seulement d’une classe d’âge obtient un baccalauréat général, et cette proportion a diminué pendant la période récente. La proportion de bacheliers généraux et technologiques a baissé de 54,8 % en 1995 à 51,2 % en 2008. Par ailleurs, le nombre de sorties du système scolaire « sans diplôme » – c’est-à-dire sans baccalauréat, CAP ou BEP – représente environ 130 000 jeunes par an, soit 16,3 % d’une classe d’âge. L’ensemble de tous ces jeunes sont destinés à subir un taux de chômage de 45 %.

Qu’attendons-nous pour changer cela ? Aucun citoyen français ne devrait être indifférent de ce terrible constat. Il est inadmissible que, en France, aujourd’hui, un élève français n’ait pas les moyens d’accéder à une excellente instruction.

Madame la ministre, n’avez-vous pas honte de laisser périr les enfants de la République ? L’urgence d’éduquer et d’instruire dignement ces prochains citoyens est primordiale. Accentuons davantage les fondamentaux, l’apprentissage notamment de la lecture et des mathématiques dès le plus jeune âge ! L’apprentissage du français est primordial, c’est par le langage que l’on structure sa pensée. De ce fait, réduire les heures d’apprentissage de notre langue, c’est foncer vers une insuffisance, voire pire, un échec. La France fait partie des cancres européens en mathématiques ! Les élèves français de 10 ans sont désormais avant-derniers d’Europe en mathématiques et en sciences, juste devant les Chypriotes. De la même manière, réduire le nombre d’heures de l’enseignement de l’histoire de France, ou a minima décentrer l’objet d’étude vers d’autres aires, est une véritable catastrophe ! Sans une assimilation de l’histoire réelle et complète d’un pays, il ne peut y avoir de civisme. Le civisme est un attachement à son pays tel que les droits y sont subordonnés aux devoirs. L’apprentissage de l’histoire de France représente a fortiori l’attachement des jeunes élèves pour leur pays. Monod disait que l’histoire travaille “d’une manière secrète et sûr à la grandeur de la Patrie en même temps qu’au progrès du genre humain”, des propos toujours d’actualité ! Mettre en exergue les plus sombres et passer sous silence les périodes glorieuses sous prétexte qu’elles ne correspondent plus à notre morale d’aujourd’hui est une manipulation et une imposture. Elle a été organisée systématiquement par la gauche et sa ministre dont l’influence est grande dans le ministère et dans les organisations étudiantes majoritaires (UNEF, FAGE). Par leur travail de dénigrement systématique, ils ont détruit la fierté des Français envers leur histoire, aboli une certaine forme de patriotisme, dévalorisé le devoir en récompensant les ignorants et en combattant toujours plus les plus méritant. Ce n’est pas pour rien que la France est un des pays le plus déprimé au monde, ils en sont responsables !

Quelles solutions ?

Pour changer la France, il faut changer le fondement de celle-ci, c’est à dire son école ! C’est là que tous nos efforts doivent se concentrer. Lorsque l’on observe les statistiques de l’OCDE, force est de constater que les pays qui obtiennent les meilleurs résultats sont ceux qui ont le plus d’enseignants au primaire. Il paraît nécessaire de garantir à nos enfants l’acquisition des savoirs fondamentaux. Il faut donc améliorer la qualité de l’enseignement français par un recrutement plus sélectif, plus d’heures d’enseignements, des effectifs plus nombreux avec des professeurs mieux payés. Miser sur l’instruction de nos enfants, c’est garantir un avenir meilleur. Il est tout simplement inadmissible qu’un pays comme la France laisse de côté 30 % de ses enfants en acceptant qu’ils ne maîtrisent pas les fondamentaux et qu’ils démarrent dans la vie avec un si gros handicap.

Nos universités sont également malades. Pourtant, ce sont elles qui offrent des formations d’excellence à nos étudiants. Malheureusement, nous assistons à une fuite des cerveaux qui s’accroît depuis les vingt dernières années. Cela se comprend, il y a des salaires bien plus élevés chez nos voisins avec des conditions de vie meilleures. Il faut que la France retrouve son attractivité pour les jeunes, et qu’elle permette aux innovateurs d’innover, et aux créateurs de créer. Il faut donc remettre en place des bourses d’excellence et au mérite. En effet, un nouveau décret de NVB paru au Journal officiel, divise par deux le montant de la bourse au mérite ! Les étudiants éligibles touchent désormais 900 euros (et non plus 1800) par an, pendant les trois premières années. Ces divisions des montants de ces bourses sont inadmissibles. Elles ne sont pas inégalitaires, non, elles sont au contraire démocratiques et méritocratiques. Elles font la différence entre une société qui se morfond et une communauté qui montre tous ses talents au reste du monde : notre pays en est rempli !

On assiste à un marasme catastrophique en ce qui concerne la recherche française, qui se manifeste par un recul scientifique et industriel face aux pays anciennement développés (États-Unis, Japon), comme aux pays émergents (Chine, Inde etc…). La France consacre 2,29 % de son PIB dans les dépenses de recherche et de développement. A titre de comparaison, la Corée du Sud y consacre plus de 4 % de son PIB. Il faut donc nécessairement augmenter nos dépenses dans ce domaine.

C’est à la fois un symptôme et un problème en soi, car l’Europe forme à prix d’or des chercheurs qui s’expatrient en masse dans une autre région (400 000 par an), finançant ainsi des économies nous livrant une concurrence acharnée. C’est véritablement le monde à l’envers ! Il faut donc un retour à l’augmentation massive de notre effort de recherche, qu’il faudrait doubler, quitte à sortir du calcul du Pacte de stabilité européen (qui tue et ne fait que ralentir la croissance et l’investissement dans la zone euro). Bien entendu, une partie significative de cet effort doit être consacré aux enjeux de demain : les énergies renouvelables, la lutte contre le cancer, la voiture électrique etc… Une coopération entre États est également possible, relançant alors l’idée européenne sur de bonnes bases : une Europe des coopérations et des grands projets. Airbus ou Ariane sont d’excellents exemples de coopération économique, c’est maintenant à notre génération de faire de même avec des projets orientés sur l’avenir : la lutte contre le cancer, les énergies renouvelables, la voiture propre, le ferroutage, etc. La recherche est grande et diverse, à nous d’en tirer profit socialement, économiquement et de façon durable !

Nous assistons à une transformation de notre système d’enseignement supérieur avec un renchérissement du coût des études et une stagnation du niveau d’accès aux études supérieures autour de 25% contre 40 % dans beaucoup d’autres pays. Il faut pour y remédier. Madame la Ministre, arrêtez de niveler par le bas l’instruction française !