Redécouvrons le sublime : rencontre avec l’oeuvre de Francine Jacquemin2 min read

Catégories Beaux arts, Contributions, Culture

Un regard vibrant, un visage déchirant, des moments éphémères capturés dans l’appareil et des couleurs vives : voilà en quelques mots comment l’on pourrait résumer ce travail du quotidien sur le beau et la couleur, deux thématiques récurrentes du travail de Francine Jacquemin. 

Des photos qui mettent la couleur en scène

On peut tous prendre des photos, mais les prendre de cette manière avec cette maitrise inéluctable de la couleur relève d’un défi permanent. Il suffit pour cela de jeter un oeil à la série de photos intitulées « Terra Vinéa » (2005) :

©FrancineJacquemin – Suite du diaporama

Ici, les couleurs brunes, habituelles de la cave à vin viennent cotoyer un turquoise incandescent et se conjuguent à merveille avec l’esprit caverneux qui imbibe l’espace. Tout en étant parfaitement imaginaire, ce lieu est empreint d’un réel qui nous permet non seulement de visualiser l’endroit mais aussi d’en apprécier des items que la vue ne parvient généralement pas à établir. Baudelaire écrivait dans ses Fleurs du Mal (1847) que « le parfum, la couleur et les sons se répondent ». Voilà l’essence d’une belle photo : elle nous projète à la place du spectateur, nous permet d’en épouser la vue mais aussi l’ouïe et l’odorat. 

Pour plus de photos sur le thème de la couleur, les séries à voir : Masques vénitiens ou encore Couleurs d’Alsace

Une maîtrise du regard et des portraits

Cette rencontre avec Francine Jacquemin est une véritable occasion pour nous de développer la question du sublime. Le sublime n’est pas forcément beau, il le transcende comme nous le rappelait Umberto Eco (auquel nous avons rendu hommage dans un article récent). Ses photos sont une aspiration au sublime. Il y a ainsi cette photo d’un homme à la barbe hirsute et au regard fort issue de la série Entre terre et mer.

Ou encore ce jeune Massaï portant une tenue d’un rouge éclatant : Massaï

Voir le monde autrement

Comment aurais-je pu évoquer Baudelaire sans parler de ses belles fenêtres ? Rappelons-nous quelques instants de son poème

« Celui qui regarde du dehors à travers une fenêtre ouverte, ne voit jamais autant de choses que celui qui regarde une fenêtre fermée. »

Dans sa série Portes et fenêtres, Francine Jacquemin reprend à son compte une réflexion portée sur le quotidien, sur le monde d’aujourd’hui et notre manière de le voir. A travers son objectif, la fenêtre d’une vieille maison nous rappelle le temps d’un cliché le manoir hanté de Hitchcock dans Psychose.

C’est peut-être aussi cela la photographie ? Etre capable de maîtriser le quotidien et d’en donner les aspirations profondes, d’apporter au spectateur une grille de lecture du réel qui lui permette de se transporter, de faire travailler l’imaginaire… ou tout simplement d’apprécier le sublime quand on ne le décèle pas.

Etudiant parisien en droit, passionné de politique et d'actualité. Engagé en faveur des grandes causes du progrès.