Un évènement majeur a provoqué une rupture dans l’équilibre quotidien entre acteurs internationaux : la frappe aérienne des États-Unis en Syrie. Alors que certains ne considèrent les Russes que comme des chasseurs internationaux au service des Américains, d’autres envisagent la présence Russe comme un rempart face à l’impérialisme américain.

Il est judicieux d’analyser la situation et le statut actuel de la Russie afin de déterminer s’il s’agit d’un réel obstacle pratique aux opérations occidentales et savoir si l’on peut encore parler de “grande puissance” mettant en œuvre l’équilibre de la terreur.

Comment définir une “grande puissance” ?

Il est clair que la qualification de “grande puissance” se fait par des critères classiques : principalement l’économie, la politique et le pouvoir militaire.

Concernant l’économie, un seuil de pauvreté de 14,2 % (soit 20 millions de personnes) frappe actuellement la Fédération de Russie. Le revenu moyen y est de 18 000$/an, se prosternant ainsi devant la dévalorisation du rouble russe avec une diminution de 45%, évaluation menée en 2013.

Dans la sphère politique, l’atmosphère de corruption par excellence faisant souche à un réseau mafieux qui, à son tour, bénéficie d’une immunité politique inédite, l’affaire Yukos en est un bon exemple.

Militairement parlant, le bloc communiste est loin de rivaliser avec son homologue occidental. En revanche, la politique interne veille bien à ce que son influence géopolitique à l’échelle régionale ne soit pas déstabilisé :

Certains avancent l’idée selon laquelle l’influence géopolitique même ne pourrait continuer à prospérer en l’absence de régimes autoritaires. En d’autres termes, la puissance russe ne peut survivre indépendamment de la continuité des régimes qui lui sont exemplaires ! En regardant de plus près, il est pertinent de souligner le soutien exclusif de la Russie aux Etats fascistes telle que la Corée du Nord, la Syrie et les Etats dirigés militairement.  Est-ce, ce soutien, l’essence même de son ampleur et de son affirmation sur la scène internationale ?

Cela n’est pas exclut, mais ce n’est pas non plus confirmé par les américains qui selon d’autres, sont les premiers acteurs de la montée en puissance des russes mais qui, aujourd’hui et après l’arrivée de Trump au pouvoir,  la combattent !

N’est-ce pas un jeu de gonflement et de dégonflement ?

Une fluctuation de hiérarchie post la frappe américaine en Syrie

Interrogé sur la sur-protection du régime de Bachar Al-Assad par la Russie, D.Trump réagit en répondant : “Ils ne protègent qu’un animal“. La réponse de Poutine a été plus choquante en rétorquant qu’il n’est pas attaché à ce régime parce qu’Assad est une production purement anglaise. A quelle mesure l’ampleur internationale de la Russie a été dématérialisée sous l’empire Trumpien ?

Effectivement, un silence russe ambigüe a régné après le lancement des 59 missiles sur la base d’Al-Chaayrate, dans la province centrale de Homs. Une visite de Sergueï Lavrov aux Etats-Unis a suivi les événements.

La seule réponse de la Russie était de dire “Ça ne lui faisait même pas mal” alors que ses soldats sur place ont été touché : Elle ne les a prévenue qu’une heure en avance. Elle ajoute à cela d’avoir procurée l’Armée Syrienne des moyens de protections contre des éventuelles futures attaques similaires, quelle bonne manière d’avouer l’impossibilité de rivaliser et d’affronter les américains par eux-mêmes !

Trois bases militaires américaines ont été implanté sous les yeux de la Russie, le Sud de la Syrie est en train d’être diviser par les américains, les russes ne protègent que les points géographiques d’intérêt en Syrie : les forces de l’ordre et les militaires évacuent les bases et aéroports non susceptibles de faire l’objet d’une protection russe (Cf. Aéroport de Dmir).

Sur le même plan, des émancipations étatiques dénoncent les Veto russes utilisés depuis 2011 en s’interrogeant sur la bonne volonté de leur auteur et de dire que ceux-ci ne sont utilisés que par une volonté américaine qui a le dernier mot pour interdire ou pas l’utilisation de ce droit par la Russie.

La remise des Armes Chimiques par le régime syrien en 2013 sur la demande de la Russie, n’était-elle pas sous pression américaine ? La corruption extra-économique interne et le silence face aux interventions militaires occidentales en Syrie ne suffisent-ils pas de disqualifier la Fédération de la Russie des “Grandes Puissances” sur la scène internationale ?