La Russie en Syrie : plus de morts que de bien?

Alep assiégée, on pointe tout de suite du doigt Bachar el-Assad, mais le régime syrien n’est pas seul. En effet la Russie a joué un rôle déterminant dans le maintien du régime.

L’intervention de la Russie a été selon certains, dont les politiciens François Fillon et Donald Trump en tête, déterminante -et l’est toujours- dans la lutte contre l’Etat islamique. Mais il se révèle que ce n’était en réalité qu’un prétexte pour porter secours au régime autoritaire de Bachar Al Assad.

En effet la plupart des bombardements ont été dirigés sur Alep-Est, et même s’il s’avère que certains groupes rebelles ou islamistes y sont installés comme le Fateh el-Cham (ex: Front-al-Nostra) ce sont surtout des civils qui sont assassinés.

Néanmoins, cela n’explique en rien toutes les exactions commises par le régime syrien et l’armée russe. Tout a été finement orchestré par l’administration russe qui a constamment amplifié les incidents sur le front afin de justifier ces bombardements même quand l’Etat islamique avait disparu des différentes zones de conflits.

Des hôpitaux ont été bombardés, des écoles détruites ou encore des orphelinats réduits en ruines sous prétexte que ces derniers abritaient des terroristes. Selon les différents observateurs, les obus utilisés étaient des obus militaires favorisant la destruction et les blessures.

Aucun cessez-le-feu n’a été respecté à cause de cette alliance mortifère russo-syrienne. La population massacrée ne peut plus fuir suite à la reprise des bombardements après une seule journée d’arrêt des combats.

La force diplomatique de la Russie: le cache misère de l’absence de stratégie

La Russie, à travers son discours et ses actes, a remporté la bataille diplomatique face à l’immobilisme de l’ONU et l’absence de prise de responsabilités des autres belligérants européens et américains. Du fait du droit de véto du Conseil de sécurité des Nations Unies constamment utilisé par la Russie et parfois par la Chine, la mise en place d’un corridor humanitaire à été rendue impossible.

Il ne fait aucun doute que l’on n’aura jamais le fin mot de cette histoire. La fracture politique pro-Poutine/Assad et pro-rebelles est bien trop grande et tout le monde pense avoir son mot à dire sur l’une des situations les plus complexes du XXIème siècle.

Il n’en reste pas moins que l’argument selon lequel la population d’Alep-Est soutenait les terroristes n’a pas lieu d’être et est strictement inadmissible dans un contexte où un massacre organisé est commis sur des enfants et plus largement sur des civils innocents.

La bataille de Palmyre, ville théâtre d’affrontements importants qui avaient abouti à la victoire des russes et du régime syrien, a été un triomphe pour ces deux belligérants. Or ils ont perdu ce territoire, repris par l’Etat Islamique ; il fallait donc frapper un grand coup, et l’effacement d’Alep de la carte du monde était une occasion idéale.

Si une grande partie de l’opinion occidentale s’indigne du massacre qui est en train de se perpétrer à Alep, nous citoyens européens ne pouvons pas faire grand chose, si ce n’est pleurer…

On connait malheureusement tous la fin de l’histoire, l’oubli de ces « crimes de guerres » dans les années qui viennent, pour des raisons économiques, diplomatiques, légales, que sais-je encore mais surtout pour des raisons inhumaines. Parce que la vie humaine est ce qu’il y a de plus sacré, rien de ne peut justifier de telles exactions et rien ne peut justifier que ces faits restent impunis.