International : Sommes-nous désinformés sur la question syrienne ?

La guerre en Syrie fait rage. Jusqu’à présent, on comptait un méchant, Bachar Al-Assad, et des gentils : les rebelles.

Un casting défini par les médias

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Tous les médias ont pris parti pour les rebelles sans savoir qui ils étaient.

Le problème est que, d’un point vue immédiat et extérieur, les rôles sont clairement répartis. Ma première réaction fut similaire à celle de la plupart des lecteurs : la consternation. J’étais outrée qu’en 2016 il y ait encore des actes de violence d’une telle ampleur.

Pour moi c’était clair, le drame relevait de la responsabilité de Bachar et de son acolyte, Vladimir Poutine. Et je suis toujours consternée par les violences, mais mon avis sur le méchant et le gentil s’est nuancé.

Avec du recul, je me rends compte que tout n’est pas si clair. Dans une guerre, la réalité n’est pas manichéenne. Il n’y a pas d’un côté le bien et le mal de l’autre.

Les doutes s’installent.

Cela faisait quelques temps que je me posais des questions mais que je n’arrivais pas à mettre des mots sur mes pensées. Certaines idées peinaient à éclore.

Qui sont les rebelles ?

Situation au 30 novembre

 

Dans un premier temps, je me suis intéressée aux rebelles que la presse s’échine à défendre. Qui sont-ils ? Selon un article du Monde Diplomatique, on peut les distinguer en trois groupes. Le groupe de ceux qui combattent de façon autonome, de ceux qui fusionnent entre eux, et de ceux qui coordonnent leurs assauts à travers une chambre d’opérations. On voit donc, à travers cette ébauche de définition, qu’il n’y a pas qu’un type de rebelles. Pourtant, c’est ce que laissent à penser le gouvernement et les médias actuels.

Cette multiplicité de rebelles suppose donc qu’ils ne combattent pas tous pour la même chose. Le groupe le plus important de rebelles combattait pour la branche syrienne d’Al Quaida. Donc, ainsi, ces rebelles étaient affiliés à un groupe terroriste. Il y avait un autre groupe de rebelles qui rassemblait plusieurs factions proches des Frères Musulmans, en somme un groupe terroriste.

In fine, 15 à 20% des rebelles correspondaient à une dizaine de petits groupes sans idéologie clairement affichée. On voit donc que la majorité des rebelles étaient affiliée à des groupes terroristes.

Le syndrome de Stockholm parmi les médias occidentaux

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Cette première révélation me laisse dubitative ; comment les Etats d’Occident et, en l’occurrence la France, peuvent-ils soutenir des groupes terroristes alors qu’ils se sont engagés contre une lutte sans merci contre ce fléau dans leur propre territoire. Cela voudrait-il dire qu’on accepte le terrorisme quand il ne porte pas atteinte à nos intérêts personnels ? Tout cela me laisse songeuse.

Le peuple syrien : choisir entre la peste et le choléra

Ce premier aspect soulevé permet de s’interroger : Bachar El Assad est-il le bourreau sanglant qui a massacré 90% de son peuple ? Il s’agit de répondre à cette question de façon très nuancée, sachant que sur un sujet pareil, nous marchons sur des œufs. Oui, c’est un fait, Bachar El Assad a commis des crimes impardonnables. Il a tué des victimes innocentes à coup de bombes et d’armes chimiques.

Cependant Bachar El Assad est soutenu par une partie de population syrienne qui ne veut pas de l’état islamique au pouvoir et les médias ne veulent pas dire cela, par peur d’être alors accusé de défendre Bachar El Assad.

Ce personnage est soutenu par une partie de la population syrienne et il n’a pas à lui tout seul détruit la ville ; les rebelles et lui-même l’ont détruite. On voit donc que ce tableau n’est pas si limpide qu’il le paraît. Il faut, comme toujours, nuancer afin de comprendre les différents enjeux du problème.

Les citoyens Syriens doivent faire un choix entre la peste et le choléra, et c’est cela qui est d’une tristesse absolue.