Sur le front du chômage, la droite est-elle meilleure que la gauche ?

Dans le cadre de l’éléction présidentielle, l’équipe de La Plume de Céryx se mobilise pour répondre à des questions posées par les lecteurs, les amis et collègues. Hugo prend aujourd’hui la Plume pour répondre à la question des prouesses des deux derniers partis de gouvernement en ce qui concerne la sacro-sainte question du chômage. █ PÉDAGOGIE

▀ Le chômage a-t-il augmenté sous François Hollande ?

Oui, mais moins que sous Nicolas Sarkozy. En effet, le Président de droite avait permis au chômage de progresser de 2.3% lors de son quinquennat, passant de 7,2% à 9,5% à la fin de sa mandature.

De son côté, François Hollande a fait progresser le chômage de 0,5% en cinq ans, et a donc enrayé sa poussée et réalise un score cinq fois moins important que celui de son prédécesseur. De plus, l’inversion de la courbe du chômage s’est donc bel et bien produite.

Dans les faits néanmoins, le nombre de chômeurs sous François Hollande a augmenté avec plus d’intensité que sous Nicolas Sarkozy. En effet, le nombre de chômeurs a augmenté d’un million environ entre 2007 et 2012 alors qu’il a augmenté à peu près du même nombre entre 2012 et 2015 (on omet ici l’après mai 2016). L’augmentation du nombre de chômeurs devrait donc s’établir à 1,2 millions d’ici à la fin du quinquennat de François Hollande. 

Augmentation du chômage sous Nicolas Sarkozy. ©LeFigaro.fr
Cumul chômage sous François Hollande (47 mois de Présidence) ©LeFigaro.fr

▀ Si le chômage n’a augmenté que de 0,5% sous le second quinquennat, comment expliquer qu’il y ait plus de chômeurs ?

Tout simplement parce que la population active a, sur cette période, beaucoup augmenté. Les départs en retraite de la génération du Baby Boom ayant eu lieu principalement entre 2009 et 2014, la population active a brusquement augmenté ces dernières années (en moyenne +2%) sans compter l’entrée d’un nombre de jeunes de plus en plus important sur le marché du travail.

Est-ce à dire que François Hollande a un bilan comparable à celui de Nicolas Sarkozy ? En réalité, oui. Si le second a été Président de la Crise de 2008 qui a bouleversé le monde économique, le premier a subi de pleins fouets les conséquences de la crise dans l’Industrie.

Si on peut mettre à son actif des efforts tels que le fameux Pacte de responsabilité, le Crédit Impôt Compétitivité Emploi (CICE), l’instauration de la Banque Publique d’Investissement (un temps dirigée par Ségolène Royal), l’ensemble des dispositifs de contrats aidés, force est de constater que les pays de l’OCDE en moyenne font mieux.

Si, pour janvier 2016, la France se situe dans la moyenne des pays de la Zone Euro avec une moyenne qui a tendance à baisser alors que la moyenne globale augmente, force est de constater que nous sommes bien en-deçà de la moyenne des pays de l’OCDE qui culmine à 6,5% sur la même période (notre score du début des années 2000).

Il y a donc eu un environnement économique plus favorable sous François Hollande mais une situation industrielle qui apparaît comme plus difficile avec un nombre de fermetures d’entreprises et un mouvement remarquable de délocalisation. 

Par conséquent, on peut dire dans un premier temps que le bilan sur le chômage du Président sortant est moins bon que celui qui nous a quitté en 2012 mais que la situation industrielle nationale a été un fardeau qu’il a été difficile à assumer.

En définitive, les deux bilans sont aussi catastrophiques l’un que l’autre, si l’on veut être simple.

▀ Qu’en est-il alors de l’emploi ? 

Si l’on s’en tient à la création nette d’emplois, François Hollande réalise de ce côté une prouesse puisque nous revenons presque aujourd’hui au niveau dans lequel nous étions en 2008. Comme le commente AlterEco (auteur de ce graphique) : “La tendance est nette depuis début 2015 avec 280 000 postes supplémentaires en un an et demi. On a ainsi dépassé le niveau d’emploi de début 2012 de 134 000 postes. Et il s’agit ici de l’emploi dans les secteurs marchands, pas d’une hausse du nombre de fonctionnaires“.

Est-ce suffisant pour enrayer l’augmentation du chômage ? Non, l’augmentation reste trop faible pour le moment.

█ En conclusion, on peut donc dire que le chômage n’a pas été enrayé, ni par François Hollande ou Nicolas Sarkozy. Emmanuel Macron, Marine Le Pen, François Fillon, Benoît Hamon ou Jean-Luc Mélenchon auraient-ils mieux faits ? La question se pose.