« Les TroPikantes » : entre fête et débats, la première d’un festival « pikant » dans le bois de Vincennes7 min read

Catégories Société

Le 22 septembre, sur le campus de l’Institut d’Étude du Développement Économique et Social (IEDES), se déroule le festival des « TroPikantes ». Pour la première édition de cette évènement nous avons rencontré Agathe et Juliette, deux des organisatrices.

 

Tout d’abord, quel est le but de ce festival ?

En créant les TroPikantes, on a voulu rendre possible des rencontres inédites entre étudiant-es, familles, enseignant-e-s-chercheurs, professionnels et associations, investis dans la solidarité internationale et le développement.

Notre objectif c’est d’inviter le public à échanger autour de sujets “pikants”. Questionner les migrations, déconstruire certains préjugés, penser les inégalités ou bien encore les enjeux environnementaux, tout en donnant à voir les initiatives des gens qui travaillent dans le  développement.

On espère qu’il y aura une bonne ambiance, que tout le monde se sentira libre de s’exprimer, que ce soit lors d’une table-ronde ou sur la scène ouverte, par une performance artistique ou au détour d’une conversation au bar… En bref, on aimerait provoquer de belles dynamiques d’échanges, qui soient à la fois critiques et festives !

 

Quelle a été la genèse de ce festival ? Qu’est-ce qui vous a motivé pour faire un tel évènement et comment vous êtes vous organisé-e-s ?

C’est avant tout les supers connexions qui se sont créées au sein de notre promo, la beauté du lieu et notre curiosité d’aller à la rencontre de l’ensemble des gens qui y travaillent qui nous ont motivé ! Fin décembre, c’est après un repas japonais organisé sur le campus par les étudiants de Repas Du Monde que cette idée a émergé, suivie de brainstorming et réunions-apéro dès la semaine suivante. Le projet a rencontré un immense enthousiasme de la part de la directrice et de l’équipe de  l’IEDES, qui depuis nous soutiennent administrativement et intellectuellement,  tout en nous laissant carte blanche pour la programmation culturelle et festive, à leurs risques et périls ! (rires)

Côté orga, c’est grâce à notre asso étudiante, l’AED, et toute la motivation du collectif qu’on a pu développer ce projet osé en créant ensemble l’identité des TroPikantes. On s’est ensuite tourné-es vers les autres structures du campus, qui ont été à leur tour force de soutien. Et puis on a aussi cherché à s’entourer de partenaires associatifs et d’artistes engagés pour mettre en place une programmation culturelle, musicale et scientifique exigeante et explosive !

 

Cela a-t-il pris du temps ?

Ah ça oui ! Pour vous donner une idée, on est une bonne quinzaine sur le projet depuis janvier et on arrête pas depuis 3 mois. Ca a pris plus d’ampleur que prévu, notamment la com’, notre bête noire !  Après c’est un choix aussi,  dans le sens où on a vraiment pris le temps de rencontrer chaque structure du campus, chaque artiste, chaque équipe de technicien-ne-s…

Et puis on a aussi pris du bon temps en se laissant entraîner dans des rencontres improbables, des apéros improvisés … On espère que ça se ressentira dans l’ambiance du festival et la diversité de la programmation !

 

Est-ce que vous pouvez rapidement expliquer l’histoire du jardin d’agronomie tropicale dans lequel est organisé le festival, pourquoi avoir choisi ce lieu ?

Nous avions vraiment envie de faire découvrir notre campus, où nous sommes à peine 200 étudiants en master, au fin fond d’un jardin méconnu et fascinant aux portes de Paris. C’est complètement dingue tout ce qu’il s’y est passé ! Créé en 1899 pour de la recherche en agronomie tropicale, ce lieu a pendant longtemps servi le projet colonial français, allant même jusqu’à accueillir l’exposition coloniale de 1907 dont les pavillons sont encore présents. En y créant un événement critique et festif on souhaite aussi se confronter à cette histoire dérangeante qui semble mise sous le tapis, abandonnée. Il est grand temps d’y faire des débats, de l’investir par des expos, d’y faire résonner de la musique.

 

 Vous souhaitez « inscrire les Tropikantes dans une démarche de décloisonnement du monde de la recherche ? » Comment  cela se traduit-il dans l’organisation du festival ?

Oui tout à fait. Ce lieu accueille de nombreux instituts de recherche dans le domaine du développement, qui est plutôt méconnu et de moins en moins financé par les structures publiques ! C’est pourquoi on a invité des chercheur-e-s à organiser des tables rondes, et à vulgariser leurs recherches avec des ateliers et une exposition. On aura sûrement aussi une animation dans l’idée de “ma thèse en 180 sec” animée par des doctorant-e-s. L’engagement des étudiants en master sera aussi mis à l’honneur avec une exposition photo présentant leurs retours de projets en Sierra Leone, en Haïti et en Inde.

“Décloisonner la recherche”  pour nous c’est finalement inviter les chercheurs à oser “tomber la veste” et présenter leurs travaux de manière atypique. Faire ça au sein d’un festival, c’est un sacré challenge !

 

Quels seront les partenaires présents sur place et quels seront leurs rôles ?

On s’est vraiment bien entouré-e-s !

Tout d’abord au sein du réseau local du campus, en invitant l’ensemble des structures à être force de proposition dans notre programmation et à présenter leurs structures lors du festival. Pour l’aménagement de l’espace : la construction de la grande scène et des deux bars éco-construits, on a contacté La Ressourcerie Du Spectacle, une asso engagée dans le recyclage et la revalorisation de matériaux scénique.

Pour la restauration nous avons convié la Chorba, une association qui distribue une aide alimentaire aux plus démuni-e-s à Paris, tout en luttant contre le gaspillage alimentaire (plus de 1000 repas chaque soir à Porte de la Chapelle !).

On travaille aussi avec Kobus Botha, un chef cuistot sud africain qui organise des barbecues géants pour des événements de grande ampleur, qui nous concoctera le midi un banquet haut en couleurs. Quelques assos ou ONGs comme SOS Méditerranée, dans lesquelles sont investis les étudiant-e-s, seront aussi présentes.

Côté culturel il y aura des collectifs artistiques comme Remem’beur et le Medex Museum, qui débarque de Bruxelles, ainsi que des institutions comme le Musée National de l’Histoire de l’Immigration pour des expositions et des animations. Et puis plein d’autres personnes investies dans le projet qu’on vous laisse venir découvrir le Jour J.

 

Il y a une programmation musicale assez importante et éclectique, comment avez-vous choisi les artistes présents et comment se sont faîtes les rencontres ?

Oui effectivement il y aura deux scènes avec une programmation bien variée passant de l’afro-blues à l’électro, de la cumbia à l’afrobeat. L’idée c’est que ça plaise à tous et que l’on puisse bien danser. On a cherché à promouvoir des artistes amateurs comme professionnels, notamment avec une des scènes qui sera ouverte à tous entre 16h et 19h!

Le choix des artistes s’est un peu fait au hasard, au feeling, au fil de nos rencontres. C’est notre super programmateur, James, qui s’est chargé des longues négociations. Ca a été un sacré défi de jongler entre notre petit budget et notre volonté d’avoir une bonne programmation tout en rémunérant les artistes et techniciens !

 

Comment a été financé le festival ?

Par des subventions publiques de soutien aux projets associatifs et par quelques structures de notre campus. On compte aussi sur nos recettes du jour J par la restauration et nos deux buvettes. Cependant ce type d’initiative est malheureusement de moins en moins subventionnés, on coupe les fonds aux jeunes et à la culture. Or, notre budget pour un tel événement est d’environ 19 000 € et nous n’avons pas eu le temps de chercher des mécénats privés car le projet a pris une nouvelle ampleur tardivement. C’est pourquoi on compte sur les dons via notre crowdfunding sur Hello-asso.

 

Et enfin, est-ce qu’on peut encore vous aider ?

Pour nous aider ? Diffuser l’événement autour de vous, prenez le temps de venir nous rencontrer le vendredi 22 septembre. L’entrée sera à prix libre l’après midi et de 5 euros le soir, donc plus d’excuse de ne pas venir ! Et puis si vous avez gagné au loto n’oubliez pas de soutenir le projet en participant au Hello-asso, on a encore bien besoin de sous !

 

Vous pouvez retrouver toutes les informations concernant le festival sur leur page facebook Les TroPikantes.